À Cotonou, situation tendue autour de la résidence de l’ex-président Boni Yayi

À Cotonou, situation tendue autour de la résidence de l’ex-président Boni Yayi



Première publication :

Des partisans de l’ancien président béninois Boni Yayi sont réunis, jeudi, devant la résidence de leur leader à Cotonou. Ce rassemblement intervient au lendemain d’une journée marquée par des violences entre manifestants et forces de l’ordre.

Climat d’incertitude au Bénin. Au lendemain des violences survenues à Cotonou, plusieurs centaines de partisans de l’ancien président Boni Yayi ont dressé des barricades enflammées, jeudi 2 mai, pour protéger sa résidence, devant laquelle se trouvent des membres des forces de sécurité et de police. “Aujourd’hui, pour l’instant, aucun affrontement n’est à déplorer, la situation est plutôt calme”, rapporte Emmanuelle Sodji, correspondante de France 24 au Bénin.

Mercredi, forces de l’ordre et partisans de l’ex-chef de l’État se sont affrontés. “Une femme a succombé à ses blessures, un homme blessé par balle est toujours soigné et un homme blessé en voulant ramasser une grenade a dû être amputé du bras”, a détaillé à l’AFP une source au sein du CHU de Cotonou. La famille de l’homme blessé a également confirmé qu’il “avait reçu une balle dans le dos”.

Des tirs entendus

La foule continuait à arriver en milieu de matinée, bloquant chaque entrée menant au domicile de l’ex-président avec des pneus en feu et des gris-gris vaudous, armée de pierres et de petites bouteilles d’essence.

Un peu plus loin dans le quartier de Cadjehoun, une habitante a indiqué à l’AFP avoir entendu des tirs et constaté des coupures de courant. “Nous ne savons pas du tout ce qu’il va se passer maintenant, mais on sent que ça va mal”, a confié cette femme d’une quarantaine d’année.

Les rues de Cadjehoun, le quartier de l’ancien chef de l’État, qui garde un fort soutien au sein des classes populaires, portaient toujours jeudi au petit matin les traces noires des feux allumés la veille par les manifestants qui ont également dressé des barricades.

Des banques et un concessionnaire de voitures ont été vandalisés, et des vitres d’un ministère ont été brisées. Des groupes de jeunes partisans de Thomas Boni Yayi s’étaient rassemblés mercredi autour de son domicile, affirmant que la police venait arrêter leur leader.

Un “coup d’État électoral”

Le ministre béninois de l’Intérieur, de son côté, a affirmé que les rumeurs de l’arrestation de l’ancien chef de l’État, très critique envers le pouvoir, étaient une “fake news” (fausse information), et que la police avait été déployée pour disperser une manifestation non autorisée.

Mercredi matin, la Commission électorale (Cena) avait dévoilé les résultats préliminaires des élections législatives de dimanche, marquées par un taux d’abstention frôlant les 80 %.

L’opposition, qui n’avait pas été autorisée à présenter de candidats, officiellement pour des raisons administratives, avait appelé à boycotter le scrutin.

Les anciens présidents Boni Yayi (2006-2016) et Nicéphore Soglo (1991-1996) avaient lancé mardi un ultimatum au chef de l’État, Patrice Talon, pour annuler le scrutin, le qualifiant de “coup d’État électoral”.

Élu en avril 2016, Patrice Talon est accusé d’avoir engagé un tournant autoritaire au Bénin, pays modèle de la démocratie en Afrique de l’Ouest. Amnesty International et de nombreuses associations locales de la société civile béninoise ont dénoncé les coupures d’Internet ainsi qu’un “niveau de répression alarmant” dans le pays.

Avec AFP



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