à Marrakech, la maison Dior à la rencontre de l’Afrique

à Marrakech, la maison Dior à la rencontre de l’Afrique


La créatrice Maria Grazia Chiuri a proposé à des designers ivoiriens de revisiter les traditionnelles toiles de Jouy avec des imprimés de wax.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 11h04

Temps de Lecture 2 min.

Le défilé « Croisière 2020 » de Christian Dior Couture, à Marrackech, le 29 avril 2019.
Le défilé « Croisière 2020 » de Christian Dior Couture, à Marrackech, le 29 avril 2019. – / AFP

Un vent d’Afrique et de fusion a soufflé sur la nouvelle collection « Croisière 2020 » de la maison Dior, présentée lundi 29 avril par la créatrice italienne Maria Grazia Chiuri dans un vieux palais de Marrakech, la capitale touristique du Maroc.

Quelque 800 privilégiés, clients choyés, chroniqueuses et personnalités d’influence triées sur le volet ont été invités dans les ruines du palais Badi, avec une mise en scène spectaculaire destinée à faire rêver la planète mode via les réseaux sociaux. Quelques célébrités, comme l’actrice américaine Jessica Alba ou le DJ et rappeur italien Giovanetti, ont fait le déplacement pour ce défilé dédié à la rencontre des cultures, avec 89 passages de mannequins de toutes origines, mais aussi des mélanges audacieux de textures et de couleurs.

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« A l’heure actuelle, tout le monde parle surtout de différences et personne ne s’intéresse à nos points communs », a confié Maria Grazia Chiuri à quelques journalistes avant le défilé. La créatrice romaine a ainsi proposé à des designers ivoiriens de revisiter les traditionnelles toiles de Jouy – motifs iconiques chez Dior – avec des imprimés de wax, des cotonnades nées en Asie, importées en Europe puis adoptées en Afrique. Soucieuse d’éviter le piège de l’appropriation culturelle, l’Italienne a ouvert son défilé à une création signée par le designer africain Pathé Ouedraogo, dit Pathé’O.

La villa d’Yves Saint Laurent

Comme à son habitude, la première femme chargée des collections haute couture de la maison Dior a aussi invité des figures féminines à nourrir son geste artistique : une anthropologue française, Anne Grosfilley, auteure d’une anthologie des tissus d’Afrique, une artiste afro-américaine engagée, Mickalene Thomas, et une styliste d’origine jamaïcaine, Grace Wale Bonner, toutes deux chargées de dessiner une silhouette pour le défilé. « Mon point de vue vient de mon background et je voulais avoir une conversation intellectuelle avec d’autres pour comprendre ce que la mode signifie pour eux », a dit la créatrice.

Maria Grazia Chiuri a choisi le Maroc, « pays entre l’Afrique et l’Europe », pour célébrer ces rencontres, et a fait appel à une association locale de femmes artisans spécialistes de tissage et de peinture sur céramique. Adepte des symboles et des références artistiques, elle a profité de son séjour à Marrakech pour visiter la villa « Oasis » d’Yves Saint Laurent, un des grands noms de la couture française qui fit ses débuts auprès de Christian Dior. C’est dans ce palais miniature lové aux confins d’un grand jardin décoré de cactus phalliques que Saint Laurent a esquissé plusieurs de ses collections.

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Christian Dior Couture, une des pièces maîtresses du géant mondial du luxe LVMH, a réalisé au premier trimestre 2019 « une performance exceptionnelle pour toutes ses catégories de produits et dans toutes les régions », selon les résultats publiés par le groupe de Bernard Arnault, qui comprend plus de 70 marques. En 2018, LVMH avait affiché une hausse de 10 % de ses ventes, à 46,8 milliards d’euros, avec un bénéfice net de 6,4 milliards d’euros.



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