Abdelkader Bensalah, le long parcours doré d’un apparatchik algérien

Abdelkader Bensalah, le long parcours doré d’un apparatchik algérien


Le président du Sénat a été désigné, mardi 9 avril, président par intérim pour 90 jours.

Par Amir Akef Publié aujourd’hui à 01h32

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Abdelkader Bensalah, le 9 avril, au Conseil de la nation à Alger.
Abdelkader Bensalah, le 9 avril, au Conseil de la nation à Alger. RYAD KRAMDI / AFP

Président du Conseil de la nation (Sénat), Abdelkader Bensalah est depuis le mardi 9 avril le président par intérim de la République algérienne pour une durée de quatre-vingt-dix jours. Une semaine après le départ d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission par l’armée.

Cette désignation s’est faite au nom de la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution, telle qu’exigée par le général Ahmed Gaïd Salah. Mais la procédure est vivement contestée par une rue algérienne entrée en dissidence contre le pouvoir depuis le 22 février et qui refuse une transition menée par les « hommes du régime » et selon les « règles du régime ».

« Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple. C’est une grande responsabilité que m’impose la Constitution », a déclaré M. Bensalah après sa désignation. Celle-ci a été immédiatement dénoncée sur les réseaux sociaux comme une « provocation ».

Les étudiants, de retour de vacances forcées, ont manifesté au même moment à Alger pour dire leur rejet du gouvernement de Noureddine Bedoui (le premier ministre) et d’Abdelkader Bensalah sous le slogan « les étudiants rejettent la bande à cocaïne », dans une allusion à un scandale qui a donné lieu à la chute de plusieurs généraux. La police les a empêchés d’accéder à la place Maurice-Audin en utilisant des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

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Un cacique du régime

Agé de 77 ans, Abdelkader Bensalah est né à Fellaoucene, dans la wilaya (préfecture) de Tlemcen, la région d’où est issu Abdelaziz Bouteflika. Depuis le début des années 1970, il a un long parcours doré d’apparatchik obéissant.

Après un petit passage dans le journalisme, il a été successivement député, ambassadeur, sénateur et il a présidé les deux chambres du Parlement. Une présence durable pendant laquelle il ne se distingue ni par des idées ni par des positions particulières, comme c’est le cas en général des caciques du régime, contraints à la langue de bois.

Qualifié par l’avocat et militant des droits de l’homme Mustapha Bouchachi d’un des « symboles de la corruption du pouvoir », le chef de l’Etat par intérim présente un parcours qui – c’est un euphémisme – n’inspire guère confiance à de nombreux Algériens.

Il fait partie de la devanture politique du régime depuis 1992. Il est alors désigné membre du Conseil national de transition (CNT), un substitut au Parlement installé par le régime après que l’armée a décidé, en janvier 1992, de stopper le processus électoral, remporté au premier tour par le Front islamique du salut (FIS). Il présidera cet ersatz de Parlement entre 1994 et 1997. Il est ensuite désigné secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), une formation créée de toutes pièces par le régime en février 1997, et qui raflera la majorité des sièges lors des législatives.



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