Aux États-Unis, des milliers de manifestants contre les “camps de concentration” de migrants

Aux États-Unis, des milliers de manifestants contre les “camps de concentration” de migrants



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De la Californie à Washington, des rassemblements ont eu lieu, vendredi, en réaction au sort réservé aux migrants alors que l’administration de Donald Trump s’apprête à lancer une vaste opération contre les étrangers en situation irrégulière.

Plusieurs manifestations ont eu lieu, vendredi 12 juillet, aux États-Unis, contre le sort réservé aux migrants placés, et pour réclamer la fermeture des camps de rétention de migrants, qualifiés par les protestataires de véritables “camps de concentration”. L’administration Donald Trump s’apprête à lancer une vaste opération contre les étrangers en situation irrégulière et a déjà annoncé une vague d’expulsions de sans-papiers.

“Libérez-les, maintenant”… L’appel lancé par des milliers de personnes s’est répété vendredi à San Ysidro (Californie), à la frontière mexicaine, mais aussi ailleurs aux États-Unis.

Ouvrant la marche, qui s’est dirigée vers le bâtiment administratif du poste frontalier situé face à la ville mexicaine de Tijuana, des enfants portaient sur les épaules des couvertures de papier aluminium, comme celles que reçoivent les personnes sans papiers interpellées. D’autres avançaient au rythme de danses traditionnelles, dans une odeur d’encens.

Surpeuplement

“Fermez les camps de concentration”, “La place des enfants n’est pas dans des cellules“, “Nous ne sommes pas des nazis”, proclamaient notamment les pancartes des manifestants.

Des défilés similaires se sont déroulés dans d’autres villes américaines. À Los Angeles, à Washington DC, mais aussi à Homestead en Floride, dix jours après qu’un audit de ces centres de rétention a dénoncé les conditions de surpeuplement qui y prévalent.

“La définition des camps de concentration est un endroit où sont détenues des personnes qui ne sont pas des criminels, pour des raisons raciales ou ethniques.” a expliqué Mimi Rosicky, 56 ans, vêtue d’une chemise blanche rayée de lignes noirs, une étoile de David accrochée à la poitrine. “C’est ce qui se passe maintenant. Nous avons des camps de concentration aux États-Unis” a-t-elle ajouté, brandissant une pancarte déclarant, “quand les juifs disent plus jamais ça, ils savent de quoi ils parlent”.

C’est “une situation que l’on n’a jamais vue” estime Marco Aguilar, comparant le gouvernement de Donald Trump au nazisme ou au totalitarisme de Joseph Staline. “Il ne peut en être question au pays de la liberté et de l’égalité.”

Traités “de façon inhumaine”

Présente dans le cortège, Alisa Davies, 48 ans, s’est, elle, déguisée en statue de la Liberté, qui reste pour beaucoup le symbole de l’immigration aux États-Unis, ouvrant ses bras “aux immigrants”. “Il n’y a pas de raison, dit-elle, pour traiter les réfugiés et les immigrants de façon inhumaine”.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré la semaine dernière que la meilleure solution aux centres de rétention était finalement de ne “pas venir” aux États-Unis. Ce dernier, qui espère être réélu l’an prochain, a multiplié pendant son mandat les mesures pour lutter contre l’immigration illégale.

Vendredi, le vice-président, Mike Pence, s’est rendu au Texas pour dénoncer la crise migratoire venue essentiellement des pays d’Amérique centrale et qui, selon lui, “submerge [le] système” américain.

Les manifestants sont finalement passés devant une pancarte en forme de panneau routier annonçant “Mexique, pas de retour vers les États-Unis”. Comme un défi, ceux-ci se sont arrêtés et ont poursuivi leur chemin, avant de se disperser après avoir observé une minute de silence.

Avec AFP



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