de nouvelles investigations annoncées dans le Morbihan

de nouvelles investigations annoncées dans le Morbihan



Le comité d’experts a cependant décidé de ne pas mener de recherches dans l’Ain, où 8 naissances avec malformations ont eu lieu entre 2009 et 2014.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 08h25, mis à jour à 08h41

Temps de Lecture 2 min.

Les scientifiques chargés d’analyser les cas groupés d’enfants nés avec un bras malformé ont recommandé de mener des investigations complémentaires pour les cas situés dans le Morbihan, ont fait savoir jeudi 11 juillet les familles concernées, après la présentation du rapport final des scientifiques dans les locaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à Maisons-Alfort.

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Le comité d’experts a cependant écarté une nouvelle enquête dans l’Ain, concluant à « l’absence d’excès de cas » de malformations dans cette zone, ont rapporté les familles et associations, « absolument pas » satisfaites des conclusions de l’Anses. Le contenu de ce travail mené depuis le mois de février doit être rendu public vendredi matin, au cours d’une conférence de presse au ministère de la santé.

Plusieurs cas dans l’Ain écartés

Plusieurs cas signalés dans l’Ain n’ont pas été pris en compte au motif que le registre national des malformations congénitales et des cancers de la région Rhône-Alpes (Remera) ne prenait pas encore en compte l’Ain aux dates concernées, a expliqué à la presse Emmanuelle Amar, responsable de ce registre, disant ne pas comprendre cette décision. En effet, seuls 20 % du territoire sont couverts aujourd’hui par ce registre.

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« L’argumentaire ne tient pas. Il n’est pas possible de discuter avec quelqu’un qui supprime des cas au motif qu’on n’était pas là », a ajouté l’épidémiologiste, qui avait alerté sur l’existence d’une concentration de cas dans certaines communes du département de l’Ain. Les familles jugent par ailleurs trop « légères » les investigations recommandées dans le Morbihan, alors qu’elles appelaient de leurs vœux une « vraie enquête de terrain »

« On attendait des hypothèses plus concrètes, mais rien »

« Ils vont regarder s’il y a eu des essais de pesticides dans les champs alentour », mais ils n’exploreront pas la piste des produits de contrebande qui ont fait l’objet de saisies, selon Flavie Benizri, représentante de l’association d’aide aux familles Assédea. De même, le comité recommande d’analyser « la qualité de l’air et des sols », mais à partir des mesures déjà enregistrées, il n’y aura « pas de nouveaux prélèvements », a-t-elle ajouté.

« On attendait plus de réponses aujourd’hui, des hypothèses plus concrètes, des produits suspectés, mais rien », a regretté Isabelle Taymans-Grassin, maman d’une enfant concernée née dans le Morbihan. « Si je reprends les propos de la présidente du comité, l’imputabilité sera impossible à trouver », c’est-à-dire qu’on n’arrivera pas établir de lien de cause à effet entre une substance donnée et la survenue des malformations chez les enfants, a-t-elle ajouté.

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Le comité d’experts scientifiques, présidé par Alexandra Benachi, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), a été mis en place en février pour déterminer les causes possibles de cas groupés d’enfants nés avec une « agénésie transverse des membres supérieurs ». Cette malformation très particulière se caractérise par l’absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon.

Cas concentrés

Plusieurs cas groupés de naissances de bébés touchés par ce type de malformations ont été identifiés ces dernières années en France : dans l’Ain (8 naissances entre 2009 et 2014, dont 6 concentrés dans un rayon de 17 km), la Loire-Atlantique (3 entre 2007 et 2008), dans les Bouches-du-Rhône (3 naissances en 2016) et le Morbihan (4 entre 2011 et 2013).

En octobre, l’organisme de sécurité sanitaire Santé publique France avait indiqué n’avoir identifié aucune cause pour les cas groupés suspects et avait estimé qu’il n’y avait pas d’« excès de cas » dans l’Ain. Mais les inquiétudes dans les régions concernées avaient poussé le gouvernement à lancer une nouvelle enquête, menée par Santé publique France et l’Anses.

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