Démission du chef de la police américaine aux frontières à la suite des détentions d’enfants migrants

Démission du chef de la police américaine aux frontières à la suite des détentions d’enfants migrants



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En pleine polémique sur les conditions de détention sordides des enfants migrants, le commissaire américain aux douanes et à la protection des frontières (CBP) a démissionné, a annoncé mercredi l’agence américaine.

Aux États-Unis, les témoignages terribles sur les conditions de détentions des enfants migrants font tomber des têtes. Le commissaire par intérim aux douanes et à la protection des frontières (CBP), John Sanders, a ainsi présenté sa démission et quittera ses fonctions le 5 juillet, a annoncé mercredi 26 juin l’agence américaine.

Des avocats ont tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière après avoir découvert les conditions de détention de plus de 300 enfants migrants dans le centre surpeuplé de Clint, situé près d’El Paso au Texas. Certains auraient été détenus depuis des semaines sans recevoir suffisamment d’eau et de nourriture.

La plupart des enfants ont été transférés vers d’autres établissements mais une centaine d’entre sont revenus au poste de police de Clint, ont annoncé des responsables de la police aux frontières.

Les récits d’avocats à propos d’enfants portant des vêtements souillés et d’enfants plus âgés qui prennent soin des plus jeunes ont soulevé de nombreuses critiques parmi les activistes et des démocrates, opposés à la politique en matière d’immigration du président Donald Trump.

Une élue démocrate du Texas, Veronica Escobar, avait demandé des comptes la semaine dernière à l’agence des douanes et de la protection des frontières, après la publication par Human Rights Watch d’un rapport sur la situation de ces enfants non accompagnés. Selon l’ONG, ils dorment à même le sol cimenté dans des cellules surpeuplées.

Le New York Times a été le premier à évoquer la démission de John Sanders. Donald Trump a déclaré mardi à la presse qu’il n’avait pas demandé à celui-ci de démissionner mais qu’il savait “qu’il y aurait des changements” au sein de l’agence.

“Ces structures ne sont pas adaptées aux enfants”

Selon les médias, le président américain devrait le remplacer par Mark Morgan, le chef de la police de l’immigration (ICE), une force dont les méthodes d’arrestation sont très décriées.

La loi migratoire américaine dispose que les mineurs non accompagnés doivent être remis à leur famille ou être pris en charge par le ministère de la Santé après 72 heures de détention.

Mais avec 144 000 arrestations en mai, la police aux frontières est débordée et les centres d’hébergement gérés par le ministère ne suffisent plus.

“Ce n’est pas à la police aux frontières de s’occuper des enfants, c’est pourquoi ces structures ne sont pas adaptées aux enfants et ils (les agents) sont aussi en colère que nous”, a affirmé dimanche sur la chaîne MSNBC Warren Binford, une universitaire spécialisée dans les droits de l’enfant qui a visité Clint.

Les organisations de passeurs exploitent les “failles” des lois sur l’immigration et “la réalité sur le terrain pour saturer le système”, a récemment expliqué Robert Perez, chef adjoint des garde-frontières. Pour éviter la surpopulation, les agents libèrent les migrants après leur dépôt de demande d’asile.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de ses priorités, s’est dit mardi “très inquiet” des conditions de détention des clandestins, appelant le Congrès à s’entendre sur un financement d’urgence des opérations à la frontière.

Un texte autorisant le déblocage de 4,5 milliards de dollars d’aide humanitaire a été voté mardi soir à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Mais les républicains, majoritaires au Sénat, menacent de retoquer ce texte plus tard cette semaine si une partie du budget n’est pas dévolue aux forces de l’ordre.

Avec AFP et Reuters



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