Dix mois de prison avec sursis requis contre Luc Besson pour un licenciement

Dix mois de prison avec sursis requis contre Luc Besson pour un licenciement


Luc Besson lors du Festival international du film de Berlin, en février 2018.
Luc Besson lors du Festival international du film de Berlin, en février 2018. STEFANIE LOOS / AFP

Le tribunal de Bobigny aura attendu plusieurs heures durant l’arrivée de Luc Besson en ses murs, mercredi 27 novembre. En vain. Cité à comparaître pour une audience correctionnelle dont il était le principal prévenu – à titre personnel et en tant que PDG de la société EuropaCorp – le patron du studio de cinéma français n’a jamais franchi les portes de la 15e chambre. Selon son avocat, Me Arnaud de Senilhes, il s’est retrouvé embourbé au milieu des tracteurs des agriculteurs venus manifester leur colère aux abords de la capitale.

La présidente du tribunal, Alexandra Vaillant, lève les yeux au ciel. La convocation était fixée à 13 heures, il est près de 17 heures, l’audience se tiendra sans lui.

Luc Besson et sa société – celle-ci a été par ailleurs placée en procédure de sauvegarde en mai –, risquent pourtant gros. Après que les prud’hommes ont reconnu que l’assistante de direction du producteur, Sophie F. était victime de harcèlement moral, il lui est reproché devant le tribunal correctionnel d’avoir fait licencier cette dernière en raison d’un arrêt-maladie ; une discrimination fondée sur l’état de santé qui représente une infraction pénale.

Lire aussi La société de production de Luc Besson, EuropaCorp, en procédure de sauvegarde

Les faits remontent à octobre 2017. Sophie F., principale assistante de Luc Besson quand il est sur le sol français – l’homme vit à l’année à Beverly Hills aux Etat-Unis –, sollicite son autorisation pour poser trois jours de congé à la Toussaint. Le cinéaste lui oppose une fin de non-recevoir, lui demandant de prendre ses jours à d’autres dates. La femme, qui a des obligations familiales, insiste par message. Deuxième refus. Selon la défense de Luc Besson, la sortie à cette date du film Le Grand jeu avec Jessica Chastain à l’affiche, nécessitait la présence de l’assistante de direction – le long-métrage est en réalité sorti cette année-là à Noël aux Etats-Unis et en janvier 2018 en France.

« Etat de sujétion »

Pour Sophie F., la coupe est pleine, après quatre années passées aux côtés du cinéaste. Le conseil des prud’hommes a notamment documenté « l’état de sujétion » dans lequel elle se trouvait, sollicitée à toute heure du jour ou de la nuit, le week-end et sur ses congés, notamment pour des tâches relevant de la sphère personnelle – des réservations pour les enfants de Luc Besson ou des soins esthétiques pour sa femme, également productrice au sein de la société EuropaCorp.

Le refus de congé provoque une déflagration ; elle s’effondre littéralement devant une de ses collègues. Le médecin qui l’ausculte, le 19 octobre, la place en arrêt-maladie. Pour Luc Besson et EuropaCorp, il s’agit d’un « motif médical frauduleux » pour poser des congés « de manière irrégulière ». Le 12 décembre 2017, elle est convoquée à un entretien préalable de licenciement pour faute grave. Une décision qui sera effective début janvier 2018.



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