Engrenage de violence intercommunautaire dans le centre de la Côte d’Ivoire

Engrenage de violence intercommunautaire dans le centre de la Côte d’Ivoire


Des heurts ont eu lieu mercredi et jeudi dans la région de Béoumi à la suite d’une altercation entre deux membres de communautés différentes. Au moins 9 personnes ont été tuées.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 17h08, mis à jour à 18h16

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L’engrenage de la violence s’est enclenché à la suite d’une dispute survenue mercredi 15 mai entre un chauffeur de taxi-brousse et un conducteur de moto-taxi. Dans la région de Béoumi, dans le centre de la Côte d’Ivoire, les deux corporations sont opposées par une querelle de longue date qui se double d’une dimension ethnique, puisque les pilotes de deux-roues appartiennent généralement à la communauté Dioula tandis que leurs concurrents sont issus de la communauté Baoulé.

« Il y a eu une bagarre entre deux frères, un Malinké [Dioula] transporteur et un Baoulé, moto-taxi. Cette altercation a laissé croire que le Baoulé était mort et c’est ce qui a fait que les choses ont dégénéré », a confirmé auprès de l’Agence France-presse (AFP) le ministre de la communication ivoirien, Sidi Tiemoko Touré, également porte-parole du gouvernement. Originaire de la région, il s’est rendu sur place et a rapporté avoir convoqué des représentants communautaires afin de trouver une sortie de crise. « Je pense qu’on a été entendu. Une partie des jeunes qui avaient érigé des barrages les ont enlevés pour que la circulation reprenne », a déclaré M. Touré.

Affrontements fréquents

Neuf personnes ont été tuées dans les affrontements communautaires et 24 personnes ont été blessées a indiqué à l’AFP Victor Kouamé, le directeur de l’hôpital général de Béoumi. « Sept corps sont à la morgue de Béoumi et les deux autres à Bouaké » a-t-il précisé. Béoumi, ville située à 60 km à l’ouest de Bouaké, est désormais sous le contrôle des forces de l’ordre. D’après l’AFP, militaires, gendarmes, policiers patrouillent dans la ville pour éviter de nouveaux affrontements, mais des éléments déterminés à poursuivre les violences se trouvent encore dans les environs de la ville et la tension est toujours vive. « Les deux camps se regardent en chiens de faïence et les activités n’ont toujours pas repris », a expliqué à l’AFP. Un couvre-feu est en place de 18 heures à 6 heures. Les affrontements intercommunautaires, parfois meurtriers, sont fréquents en Côte d’Ivoire, pays d’environ 25 millions d’habitants qui compte une soixantaine de communautés.

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