Erdogan fait profil bas avant l’élection municipale d’Istanbul

Erdogan fait profil bas avant l’élection municipale d’Istanbul


A une semaine du second scrutin municipal, les deux candidats en lice, Binali Yildirim (AKP, au pouvoir) et Ekrem Imamoglu (opposition laïque), ont livré un débat décevant.

Par Publié le 17 juin 2019 à 10h46 – Mis à jour le 17 juin 2019 à 11h27

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Le débat télévisé entre les deux candidats à la mairie d’Istanbul, Binali Yildirim (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) et Ekrem Imamoglu, le candidat de l’opposition laïque, le 16 juin 2019, dans un café de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie.
Le débat télévisé entre les deux candidats à la mairie d’Istanbul, Binali Yildirim (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) et Ekrem Imamoglu, le candidat de l’opposition laïque, le 16 juin 2019, dans un café de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. ILYAS AKENGIN / AFP

Pour la seconde fois en deux mois, les habitants d’Istanbul se rendront aux urnes dimanche 23 juin, afin d’élire leur maire. A une semaine du scrutin, les deux candidats en lice, Binali Yildirim, du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir), et Ekrem Imamoglu, le candidat de l’opposition laïque, donné vainqueur lors du premier scrutin annulé par le Haut Conseil électoral, se sont affrontés lors d’un débat télévisé retransmis par toutes les chaînes, dimanche 16 juin.

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Attendu avec impatience par les électeurs stambouliotes, privés de débats politiques depuis 2002, le duel Imamoglu-Yildirim s’est révélé décevant. Aucun des sujets qui préoccupent vraiment les électeurs, tels la chute du niveau de vie, la montée du chômage, l’inflation, n’a été abordé en profondeur.

Alors que Binali Yildirim promettait aux Stambouliotes de créer 500 000 emplois en cinq ans, Ekrem Imamoglu a mis le doigt sur la dilapidation des fonds publics par l’AKP, qui subventionne généreusement une kyrielle de fondations religieuses, dirigées pour la plupart par des parents ou des proches du président. Il s’agit, selon M. Imamoglu, d’une source de « gaspillage » à laquelle il convient de mettre fin au plus vite.

Faux, a rétorqué Binali Yildirim, pour qui ces fondations servent à lutter contre le terrorisme. « Elles éduquent les jeunes afin que ce qui s’est passé le 15 juillet [la tentative de coup d’Etat de 2016 attribuée au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen] ne se reproduise plus. »

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Voix « volées »

Des tensions sont apparues lorsque M. Yildirim a répété à l’envi que des voix avaient été « volées » lors du précédent scrutin municipal, organisé le 31 mars. « Volées par qui ? J’aimerais qu’on m’explique », a répliqué M. Imamoglu. Ce jour-là, le candidat de l’opposition unie avait remporté l’élection avec 13 000 voix d’avance sur son rival, infligeant à l’AKP un cuisant revers.

La perte d’Istanbul lors du premier scrutin était apparue comme un sérieux camouflet pour le parti présidentiel.

La perte d’Istanbul, la ville la plus riche (un tiers du PIB) et la plus peuplée de Turquie (16 millions d’habitants), est apparue comme un sérieux camouflet pour le parti présidentiel qui a déposé plusieurs recours devant le Haut Conseil électoral, lequel a fini par annuler le scrutin et par en convoquer un nouveau, dimanche 23 juin.

Résolu à séduire les électeurs, Binali Yildirim a promis « 10 mégabits gratuits » aux utilisateurs d’Internet, des primes aux jeunes mariés, une réduction de 10 % sur la facture de gaz des ménages. Il a été moins habile à esquiver les questions d’Ismail Küçükkaya, le modérateur du débat, surtout quand ce dernier lui a demandé pourquoi le président Recep Tayyip Erdogan n’apparaissait plus en première ligne dans sa campagne.



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