Fred Burguière, chanteur, marathonien et patient modèle

Fred Burguière, chanteur, marathonien et patient modèle


Figure de proue des Ogres de Barback, il vient de courir le marathon de New York. Une façon de témoigner de la vie avec la rectocolite hémorragique, qui touche, avec la maladie de Crohn, 250 000 personnes en France.

Par Publié aujourd’hui à 19h00

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Ils l’ont fait ! Fred Burguière, dit Fredo, le chanteur des Ogres de Barback, a franchi la ligne d’arrivée du Marathon de New York, dimanche 3 novembre, aux côtés de son gastro-entérologue, Matthieu Allez, et de son ami et entraîneur sportif, Yasid Belbouab. Ils ont gagné ce pari fou. En 4 heures et 31 minutes. « C’était un moment très fort, très festif, très émouvant », raconte-t-il quelques jours plus tard.

Fred Burguière avec le docteur Matthieu Allez sur la ligne d'arrivée du marathon de New York, le 3 novembre.
Fred Burguière avec le docteur Matthieu Allez sur la ligne d’arrivée du marathon de New York, le 3 novembre. New York Marathon /Fred Burguière

Après avoir reçu, à l’âge de 24 ans, le diagnostic de rectocolite hémorragique, Fred Burguière, aujourd’hui âgé de 42 ans, a choisi d’utiliser sa notoriété pour parler des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), afin de récolter des fonds au profit de l’Association François-Aupetit (AFA). « Fredo a fait preuve d’une énergie incroyable et d’une formidable persévérance. Ils ont tous les trois été portés par une ambiance galvanisante », témoigne Anne Buisson, directrice adjointe de l’AFA, qui était sur place.

Sa femme depuis vingt-six ans, Claire Platier, ses enfants, sa mère, ses frères et sœurs, ses amis étaient venus l’encourager tout au long du parcours. Fan des Ogres de Barback, Yohann Diniz, champion du monde de marche, a soutenu le projet, en donnant des conseils, en participant à des entraînements, même s’il ne pouvait pas être à New York.

Les MICI, « ces saloperies qui te tordent les boyaux », selon Pierre Perret

Les MICI, qui recouvrent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, touchent environ 250 000 personnes en France, et 3 millions en Europe. « Ces saloperies qui te tordent les boyaux », selon Pierre Perret, un ami des « Ogres », débutent souvent entre 15 et 30 ans et évoluent par poussées, entrecoupées de périodes de rémission, parfois très longues. Les MICI peuvent provoquer des douleurs abdominales, des diarrhées (avec parfois des émissions de sang), jusqu’à 15 à 20 par jour. A cela peut s’ajouter une grande fatigue. Autant de symptômes qui altèrent la qualité de vie. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de traitement pour guérir de ces maladies chroniques de l’intestin.

En revanche, « une prise en charge médicamenteuse permet de contrôler l’inflammation pour diminuer l’impact de la maladie, empêcher les rechutes », note Matthieu Allez. A cela s’ajoute un nécessaire changement de mode de vie. « L’augmentation de l’incidence de ces maladies depuis un demi-siècle s’explique par des modifications de l’environnement, notamment l’industrialisation de l’alimentation, la multiplication des polluants… qui contribuent à la moindre diversité du microbiote », décrypte le gastro-entérologue. En dehors des périodes d’activité de la maladie, qui peuvent nécessiter un régime adapté, il conseille à ses patients une alimentation diversifiée et de qualité, locale et plutôt végétale. Et, bien sûr, une activité physique régulière. « La maladie peut se présenter et évoluer de façon différente d’un patient à l’autre, explique le professeur Allez, beaucoup d’entre eux vont très bien et mènent une vie normale. »



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