« Il est temps d’en finir avec cette discrimination »

« Il est temps d’en finir avec cette discrimination »


Les instances françaises et européennes du football en font toujours trop peu pour lutter contre l’homophobie, déplorent des experts de la Fondation Jean Jaurès et Julien Pontes, du collectif Rouge direct, dans une tribune au « Monde ».

Publié hier à 13h00, mis à jour hier à 14h14 Temps de Lecture 3 min.

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De gauche à droite, Antoine Griezmann, Yohan Cabaye, Patrice Evra et Anthony Martial en 2016. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injures à caractère homophobe » visant Patrice Evra, qui avait lancé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux fin mars des insultes homophobes contre le PSG après sa défaite contre son ancien club de Manchester United en Ligue des champions.
De gauche à droite, Antoine Griezmann, Yohan Cabaye, Patrice Evra et Anthony Martial en 2016. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injures à caractère homophobe » visant Patrice Evra, qui avait lancé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux fin mars des insultes homophobes contre le PSG après sa défaite contre son ancien club de Manchester United en Ligue des champions. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

Tribune. Vendredi 17 mai a lieu la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Pourtant, alors que cette discrimination reste abjecte et déplorable, qu’elle est assujettie à une peine d’un an d’emprisonnement et jusqu’à 45 000 euros d’amende, elle est encore trop peu condamnée.

Une récente étude de la Fondation Jean Jaurès faisait notamment état d’une banalisation et d’une augmentation des insultes et des menaces. En 2018, elles ont même doublé.

Et, alors que la société va mal, le football, sport le plus populaire du pays, semblerait ne rien faire contre cela. Pire, dans ce sport, l’homophobie deviendrait du folklore, du vocabulaire lambda rentré dans le langage courant, un simple outil au service d’une joute verbale.

Mais quel est cet univers où traiter un joueur, un arbitre ou un supporter de « sale pédé » serait courant ? Où ces qualificatifs s’inscriraient simplement dans une sémantique guerrière, combative et particulièrement hétéronormée ? Autrement dit, « pédé » ne serait qu’un synonyme de faible, de passif ?

Huit clubs signataires

Oui, le football banalise l’homophobie, n’agit pas assez pour la faire disparaître des enceintes. L’éducation, la prévention ou la répression sont encore trop faibles. Or, les fans jusqu’aux instances oublient que l’insulte touche directement une communauté entière, qu’elle stigmatise et blâme des hommes et des femmes pour leurs seules préférences sexuelles.

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Il est temps d’en finir avec cette simplification, cette discrimination. Et les moyens existent et sont nombreux.

Il n’y a pas de hiérarchisation dans l’insulte. Au même titre que le racisme ou l’antisémitisme, l’homophobie reste condamnable

Oui, la Ligue de football professionnel a tenté et tente encore d’y mettre fin. En 2008, la charte de lutte contre l’homophobie du Paris Foot Gay avait été rédigée. Elle n’aura finalement été signée que par huit clubs sur les quarante-quatre équipes professionnelles de l’Hexagone. Cette année, la Ligue a dévoilé un plan d’action de lutte contre l’homophobie qui s’articule autour de mesures-phares, en collaboration avec plusieurs associations.

Oui, des actions ont été menées depuis une vingtaine d’années. Dorénavant, les clubs portent, sur une journée de championnat, des lacets arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT [lesbienne, gay, bi, trans], et des messages prônant le respect sont lancés à chaque début de rencontre.



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