Istanbul fête « le retour de la démocratie » après la victoire de l’opposant Ekrem Imamoglu

Istanbul fête « le retour de la démocratie » après la victoire de l’opposant Ekrem Imamoglu


Après le dépouillement de 99 % des urnes, Ekrem Imamoglu affiche plus de 800 000 voix d’avance sur le poulain de Recep Tayyip Erdogan dans l’élection municipale de dimanche. Un camouflet pour le président turc.

Par Publié aujourd’hui à 22h02

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Les partisans d’Ekrem Imamoglu, le 23 juin à Istanbul.
Les partisans d’Ekrem Imamoglu, le 23 juin à Istanbul. BULENT KILIC / AFP

L’émotion est à son comble à Seyrentepe, au QG d’Ekrem Imamoglu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) pour l’élection du maire d’Istanbul, lorsque les premiers résultats commencent à tomber, dans la soirée de dimanche 23 juin.

Il était seulement 20 heures, toutes les urnes n’avaient pas encore été dépouillées (30 % seulement) quand, déjà, Ekrem Imamoglu affichait 8 points d’avance sur son adversaire Binali Yildirim, le candidat du parti de la Justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et poulain du président Recep Tayyip Erdogan. Plus tard dans la soirée, après le dépouillement de 99 % des urnes, M. Imamoglu sera donné vainqueur avec 54,03% des voix contre 45,09 % pour l’ancien premier ministre Yildirim.

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« Quelle belle journée ! Imamoglu a gagné ! », scandent en ce début de soirée les militants du CHP, le plus vieux parti de Turquie, rassemblés en force à Seyrentepe, sur la rive européenne de l’ancienne capitale ottomane. Ils ont convergé par autobus entiers depuis toutes les provinces du pays pour assister en direct au deuxième round de l’élection du maire.

« A partir d’aujourd’hui, tout va changer ! »

Il y a là Tunç Soyer, le maire CHP d’Izmir, venu soutenir son camp, et aussi Canan Kaftancioglu, qui dirige la section stambouliote du parti. Imamoglu arrive enfin, les militants l’assaillent, la sécurité est débordée. C’est à qui le touchera, le serrera dans ses bras, fera un selfie avec lui.

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« A partir d’aujourd’hui, tout va changer ! », s’écrit Adnan, venu de Trabzon en autobus pour soutenir Imamoglu, son favori. Il n’a pas voté, il ne vit pas à Istanbul. Il est venu pour ne pas manquer « un moment historique ».

C’est ainsi que le second tour de l’élection du maire d’Istanbul, organisé dimanche, s’est transformé en un combat de gladiateurs, un spectacle de dimension nationale, suivi avec passion depuis les quatre coins de la Turquie (Mer Noire, Thrace, côte égéenne et méditerranéenne) et pour lequel de nombreux militants du CHP ont fait le déplacement.

Une déconvenue pour Erdogan

En réclamant et en obtenant de la Haute commission électorale (YSK), l’annulation du premier scrutin municipal du 31 mars, l’AKP a fait le lit de sa défaite. La défaite de son candidat est une sérieuse déconvenue pour le président Erdogan et pour l’AKP, son parti, vainqueur de toutes les élections depuis 2002.

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A l’issue du premier tour, le 31 mars, Imamoglu avait seulement 13 000 voix d’avance sur son concurrent Binali Yildirim. Cette fois ci, sa victoire est écrasante. Dimanche soir, après le dépouillement de 99 % des urnes et alors que les résultats définitifs n’ont pas encore été livrés, il affiche plus de 800 000 voix d’avance sur son rival. Les votes lui ont été favorables dans 28 arrondissements d’Istanbul sur 39, contre 15 lors du premier scrutin.



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