Jeff Reine-Adelaïde, l’intermittent du spectacle de l’OL

Jeff Reine-Adelaïde, l’intermittent du spectacle de l’OL


Jeff Reine-Adelaïde célèbre son premier but sous le maillot lyonnais, samedi 23 novembre contre Nice.
Jeff Reine-Adelaïde célèbre son premier but sous le maillot lyonnais, samedi 23 novembre contre Nice. Laurent Cipriani / AP

Jeff Reine-Adelaïde bouclera-t-il son premier match en intégralité sous le maillot de l’Olympique lyonnais, mercredi 27 novembre, en Ligue des champions sur la pelouse du Zenith Saint-Pétersbourg ? Ce n’est pas le seul suspense de cette cinquième et avant-dernière journée du groupe G, cruciale pour la qualification en huitièmes de finale, mais la gestion de l’ancien Angevin occupe bien tous les esprits à Lyon.

Face à Nice, samedi, Reine-Adelaïde n’avait joué que trente-quatre minutes, temps suffisant pour ouvrir le score (10e) et sortir ensuite prématurément à cause de l’expulsion de son coéquipier Marçal, auteur d’un « high kick » (coup de pied circulaire haut) sur le Niçois Boudaoui. Le remplacement du buteur avait d’ailleurs entraîné les sifflets d’une partie du public lyonnais, mécontents du choix de l’entraîneur Rudi Garcia.

Le 10 novembre, l’international espoir avait déjà fait les frais de la mauvaise première période lyonnaise à Marseille, remplacé à la mi-temps car son entraîneur, Rudi Garcia, voulait « renforcer le milieu. » C’est bien simple, à l’OL, Jeff Reine-Adelaïde n’a jamais dépassé les 86 minutes de jeu (lors du match aller face au Zenith en septembre) en douze rencontres disputées.

En Russie, alors que son coéquipier chez les Bleuets (moins de 21 ans), Houssem Aouar, est en convalescence et que l’autre leader technique de l’équipe, le Néerlandais Memphis Depay, manque lui aussi à l’appel à cause d’une blessure musculaire, l’une des recrues phares lyonnaises, achetée 25 millions d’euros (plus 2,5 de bonus éventuel) dans les derniers jours du mercato, aura un rôle prépondérant à assumer.

Et Reine-Adelaïde doit prier pour qu’un de ses coéquipiers ne soient pas pris d’un autre coup de folie afin qu’il puisse enfin terminer une rencontre.

« Un garçon qui sait où il va »

A 21 ans, l’ancien pensionnaire du centre de formation de Lens et d’Arsenal s’est révélé en Ligue 1 après une saison pleine et prometteuse à Angers, où il a disputé 35 rencontres de championnat. Le 12 août, en début de saison, avant de signer à l’OL, il brillait encore sous le maillot du SCO en survolant les débats lors d’une victoire 3-1 contre Bordeaux (1 but et 1 passe décisive).

Il lui a fallu attendre plus de trois mois pour connaître à nouveau la joie du buteur sous son nouveau maillot, samedi contre Nice. « C’est un but qui fait du bien à l’équipe et qui me fait du bien à moi aussi. Je suis très content ce soir. Il y a encore beaucoup de domaines où je dois progresser. Je fais en sorte de travailler très dur à l’entraînement pour progresser sur ces points-là. Je vais continuer à travailler, a réagi le jeune joueur, qui n’a pas fait pas de vague malgré sa déception d’avoir été remplacé. Bien sûr, j’aurais préféré rester sur le terrain. J’étais forcément un peu frustré de sortir, mais c’est le choix du coach, c’est comme ça »

Recruté définitivement à Arsenal à l’été 2018, après un prêt de six mois plutôt réussi, Reine-Adelaïde avait séduit tout le monde à Angers. L’ex-recruteur angevin Axel Lablatinière a confiance en ses qualités footballistiques mais aussi morales : « C’est un garçon qui met des buts, fait des passes décisives, crée des décalages et possède un jeu vertical porté vers l’avant. Et c’est aussi un garçon qui sait où il va, sûr de sa force mais qui est patient, qui connaît les étapes et les efforts à faire. »

Progrès à faire en défense

Vendredi 22 novembre, en conférence de presse, à la veille de la reprise du championnat, Rudi Garcia avait livré une analyse des débuts olympiens de son joueur offensif : « Il fait partie des leaders techniques. On l’attend sur sa capacité à être décisif sur le plan offensif. Sur le plan défensif, il doit être plus impliqué, dans l’engagement et dans les duels. Son potentiel est énorme. Il est à l’écoute. »

Dans le Maine-et-Loire, on était conscient des progrès à réaliser par l’espoir pour atteindre le très haut niveau. « Stéphane Moulin (entraîneur du SCO) lui avait dit qu’il devait progresser dans ce domaine. Quand tu vises plus haut, tu dois savoir défendre à la transition quand ton équipe perd le ballon. On a eu Sofiane Boufal et Nicolas Pepe. Et Jeff Reine-Adelaïde n’échappe pas à la règle, confie Axel Lablatinière. Peut-être que Garcia veut le ménager, qu’il considère qu’il ne fait pas encore les efforts pour défendre ou qu’il n’est pas encore prêt physiquement à les assumer… »

Pour expliquer sa décision de le remplacer alors que l’OL évoluait à 10 contre 11 contre l’OGC Nice, Rudi Garcia avait utilisé d’autres arguments, qui oscillaient entre prudence et pragmatisme. « Il a joué deux fois 90 minutes dans la semaine [avec les Bleuets] et il avait un carton jaune. Obligatoirement, quand on est dix, si on ne combat pas, on perd ou on se fait rejoindre. Je ne pouvais pas me permettre de perdre Jeff aujourd’hui, mais aussi pour mercredi prochain, parce que je rappelle que je n’ai pas Houssem Aouar ni Memphis Depay. »

A Saint-Pétersbourg, Garcia aura tout loisir de donner des gages de confiance à son joueur, dont une énième sortie prématurée en cours de match ne manquerait pas de faire parler.



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