La 5G provoque un vent de panique au sein des services de sécurité européens

La 5G provoque un vent de panique au sein des services de sécurité européens


La technologie réduirait les capacités des forces de renseignement à identifier et localiser les mobiles selon un rapport d’un coordinateur de la politique antiterroriste de l’UE.

Par Publié aujourd’hui à 11h46

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Un logo 5G au salon d’Hanovre, en Allemagne, le 31 mars 2019.
Un logo 5G au salon d’Hanovre, en Allemagne, le 31 mars 2019. Fabian Bimmer / REUTERS

Les responsables européens n’ont pas cédé, en mars, aux pressions américaines et n’ont pas (encore ?) banni le chinois Huawei du futur réseau sans fil 5G, mais ils découvrent que les éventuels risques d’espionnage et de menaces sur des secteurs stratégiques ne sont pas les seuls dangers auxquels les pays membres de l’Union européenne devront faire face. En effet, les services de police et de renseignement alertent sur le fait que le développement de la 5G pourrait singulièrement compliquer, voire rendre impossibles, les actuels repérages de communications, écoutes et localisations, outils indispensables dans la lutte contre les criminels et les terroristes.

Les ministres de l’intérieur ont pris connaissance, vendredi 7 juin, à Luxembourg, d’un rapport de Gilles de Kerchove, coordinateur de la politique antiterroriste de l’Union européenne (UE). Ce document, lu par Le Monde, détaille des mises en garde qu’avait déjà formulées, en avril, Europol. Et il va alimenter « l’étude de risques » que la Commission doit présenter en octobre, en collaboration avec l’Agence européenne pour la cybersécurité, à propos de Huawei, soupçonné d’entretenir un lien organisationnel avec l’Etat chinois en vue d’exercer des « activités d’influence », mais aussi de la sécurité de la 5G en général. Des standards, ou règles minimales, devraient ensuite être définis.

La réflexion européenne a, jusqu’ici, peu porté sur le rôle des forces de l’ordre dans la future société de la 5G où, selon les experts, 20 milliards d’appareils seront bientôt connectés. Et pourtant, la nouvelle technologie « crée la panique chez les officiels chargés de la sécurité parce qu’elle pourrait réduire dramatiquement leur capacité à mener des “interceptions légales”, plus connues sous le nom d’écoutes téléphoniques », note une récente étude de Statewatch, une ONG britannique attachée à la défense des libertés.

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Le cryptage rendrait impossible la lecture du numéro code

Première difficulté : la 5G pourrait fortement compliquer l’identification et la localisation des appareils mobiles. Le cryptage rendrait, en effet, impossible la lecture de l’IMSI (International Mobile Subscriber Identity), le numéro code unique qui permet à un réseau de téléphonie mobile d’identifier un usager lors de chaque appel. Ce code est stocké dans la carte SIM – la puce qui enregistre les données pour l’abonné – et n’est pas connu de l’utilisateur.

Pour identifier, repérer ou localiser un suspect, la police interroge des opérateurs télécoms et un juge peut ordonner leur collaboration pour obtenir des informations sur le fonctionnement d’un système informatique et sur la manière d’accéder à des données. Sans accès au numéro code, il serait illusoire d’identifier et de tracer un usager.



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