La difficile médiation de Paris sur le nucléaire iranien

La difficile médiation de Paris sur le nucléaire iranien


Emmanuel Macron a dépêché un émissaire à Téhéran pour tenter de sauver l’accord, sur fond d’escalade avec Washington.

Par Publié le 12 juillet 2019 à 10h43 – Mis à jour le 12 juillet 2019 à 14h48

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Le conseiller diplomatique de l’Elysée, Emmanuel Bonne, et le président iranien, Hassan Rohani, mercredi 10 juillet, à Téhéran.
Le conseiller diplomatique de l’Elysée, Emmanuel Bonne, et le président iranien, Hassan Rohani, mercredi 10 juillet, à Téhéran. STRINGER / AFP

Même si elle est encore avant tout verbale et plutôt bien contrôlée, l’escalade continue entre les Etats-Unis et l’Iran, qui a commencé, le 1er juillet, à s’affranchir de certains de ses engagements de l’accord de Vienne de 2015 mettant sous contrôle son programme nucléaire. Mercredi 10 juillet, Donald Trump a menacé de nouvelles sanctions, « considérablement durcies ». Le même jour, quelques heures plus tard, un nouvel incident survenait dans le détroit d’Ormuz, avec un pétrolier britannique harcelé par des navires iraniens, au point de contraindre la frégate HMS Montrose de la Royal Navy à s’interposer.

C’est pour tenter d’arrêter cet engrenage qu’Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, qui s’était déjà rendu à Téhéran le 20 juin, y est retourné les 9 et 10 juillet pour poursuivre une difficile médiation. Il connaît bien l’Iran, où il avait été en poste de 2003 à 2006. « Le contexte est extrêmement volatil et extrêmement dangereux, c’est pour cela qu’il très important d’explorer les possibilités d’obtenir une pause entre les deux parties », explique l’Elysée, soulignant que cette initiative visant à ramener l’Iran « à ses obligations au sein du traité » se fait en coordination avec Londres et Berlin, les deux autres capitales européennes signataires. L’objectif est de convaincre l’Iran, comme les Etats-Unis, de faire quelques « gestes intermédiaires » à même de calmer la situation.

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Cela tient de la gageure alors même que l’Iran, après deux ans de respect de l’accord, a décidé de répondre « par une résistance maximale aux pressions maximales » voulues par l’administration américaine, qui a quitté l’accord en mai 2018, réimposant des sanctions unilatérales, encore renforcées le 22 avril. « La mission aurait dû rester discrète, la publicité que lui a donnée Téhéran montre leur intérêt », explique une source proche du dossier. M. Bonne a notamment rencontré le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, l’amiral Ali Shamkhani, le président Hassan Rohani et le ministre des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Il fut l’un des piliers, côté iranien, des vingt et un mois de négociations, après dix ans de bras de fer, ayant abouti à ce compromis entre les « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne) et la République islamique.



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