« La fin de l’épidémie de VIH est en ligne de mire, mais pas tout à fait à notre portée »

« La fin de l’épidémie de VIH est en ligne de mire, mais pas tout à fait à notre portée »



A l’occasion du festival Solidays, qui se tient du 21 au 23 juin sur l’hippodrome de Longchamp, Elton John, Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et Lelio Marmora, directeur exécutif de Unitaid, appellent, dans une tribune au « Monde », à amplifier la solidarité et à soutenir la lutte contre le sida.

Publié aujourd’hui à 01h39 Temps de Lecture 5 min.

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Nous formons un trio improbable : un artiste, un économiste et un juriste. Vendredi 21 juin, nous allons rencontrer le président Emmanuel Macron, qui remettra les insignes de la Légion d’honneur à l’un d’entre nous, Sir Elton John. Pourtant, si notre association est peu commune, il s’agit bien du type de partenariat dont la communauté internationale a besoin pour en finir avec la pire épidémie de notre temps : le sida.

Le monde d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celui qu’il était aux heures les plus sombres de l’épidémie, dans les années 1990. La Fondation Elton John contre le sida, la plus ancienne des trois organisations que nous représentons, a été créée en 1993 alors qu’il n’existait aucun traitement, aucun espoir. La mort frappait le plus souvent quelques années après le diagnostic. Nous ne pouvions, au mieux, qu’aider les personnes touchées à se sentir moins seules, à souffrir un peu moins, et leur rendre un minimum de dignité.

Cependant, le rejet social était tel à cette époque que le personnel de la fondation devait poser les repas sur le seuil de la porte des personnes vivant avec le sida, parce que celles-ci avaient trop honte pour ouvrir.

De nos jours, le sida n’est plus synonyme de condamnation à mort et le VIH n’est plus un fardeau cruel qui vous écrase dès la naissance.

Financer, innover, mettre en œuvre

L’accès aux traitements essentiels contre le virus a été l’un des principaux moteurs de ce progrès. Ces médicaments, dont le coût exorbitant pouvait atteindre 10 000 dollars par an, ont vu leur prix chuter à 72 dollars (64 euros) par an grâce aux nouvelles molécules conçues avec l’appui d’Unitaid et à la baisse de prix significative négociée par l’intermédiaire du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ce sont désormais près de 22 millions de personnes qui en bénéficient et qui peuvent ainsi vivre longtemps et en bonne santé.

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Le recours novateur au traitement des femmes enceintes, qui protège la mère et prévient la transmission du VIH à l’enfant, a été un autre élément déterminant. En 2000, moins de 1 % des femmes enceintes d’Afrique orientale et australe bénéficiaient d’un tel traitement ; elles sont aujourd’hui plus de 93 % à voir leurs enfants naître sans être porteurs du VIH.

« Nous continuons de nous battre, parce que des gens meurent encore de maladies liées au sida »

La fin de l’épidémie de VIH est en ligne de mire, mais pas encore tout à fait à notre portée.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Grâce aux efforts incessants d’innovation et au partenariat entre des pays comme la France et des organisations telles qu’Unitaid, le Fonds mondial et la Fondation Elton John contre le sida. La France est le deuxième donateur du Fonds mondial et le premier d’Unitaid. Cette dernière investit dans l’innovation pour donner naissance à une nouvelle génération de médicaments et de diagnostics abordables, tandis que le Fonds mondial donne de l’ampleur à ces outils – une ampleur considérable, puisqu’il touche plus de 140 pays dans le monde. Enfin, la Fondation Elton John contre le sida applique ces innovations par le biais de programmes mis en place au niveau local pour traiter et soutenir des millions de personnes. C’est un cercle vertueux : financer, innover, mettre à l’échelle, mettre en œuvre. Et recommencer.



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