La première fois que « Le Monde » a écrit « Karim Benzema »

La première fois que « Le Monde » a écrit « Karim Benzema »


Ecarté de l’équipe de France depuis 2015, l’attaquant peut tirer un trait sur le maillot bleu, a estimé le président de la FFF Noël Le Graët, le 16 novembre. Un gâchis à en croire la première évocation du buteur dans « Le Monde », le 8 décembre 2005.

Publié aujourd’hui à 14h38 Temps de Lecture 4 min.

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Cette fois, c’est bien fini. Entre le football français et le « gone », comme on surnomme à ses débuts le jeune joueur de la banlieue de Lyon, l’idylle avait même été précoce. En décembre 2005, Gérard Houllier, entraîneur de l’Olympique lyonnais, « fait le pari de la jeunesse » lors d’une rencontre face aux Norvégiens de Rosenborg. Titularisé, Karim Benzema (17 ans) ouvre le score à la 33minute. Une prestation qui lui vaut sa première mention dans Le Monde.

Ses buts à répétition pour l’OL lui ouvrent deux ans plus tard, à la faveur des blessures de Thierry Henry, Franck Ribéry et Louis Saha, les portes de l’équipe de France lors d’un match de qualification pour l’Euro contre la Lituanie. « Karim Benzema a appris la nouvelle par son petit frère », note Le Monde le 24 mars 2007. Mais c’est lors d’une rencontre amicale face à l’Autriche qu’il s’impose véritablement aux côtés de Samir Nasri. « Les nouvelles pousses tricolores ont su mener la barque de la victoire, 1 à 0 : but de Karim Benzema, 19 ans et 3 mois, à la suite d’un coup franc de Samir Nasri, 19 ans et 9 mois », écrit, le 30 mars 2007, Bruno Caussé, qu’on sent presque attendri : « Ces deux-là sont des enfants sages qui vivent chez leurs parents, et les brassées de louanges ne leur tournent pas encore la tête. Ne dit-on pas que Karim Benzema est de la trempe des très grands avants-centres, entre Marco Van Basten et Jean-Pierre Papin ? Ne dit-on pas que Samir Nasri a du Zinédine Zidane en lui ? Des comparaisons qu’ils repoussent poliment, les gênent, voire les irritent. » Il est toujours facile de sourire a posteriori.

Une « récompense » pour le football français

La suite est un festival de buts qui va le conduire de plus en plus souvent à revêtir le maillot bleu. « À 19 ans, Karim Benzema a réalisé un début de saison tonitruant. En sept rencontres, il a inscrit huit buts. Et lorsqu’il reste muet – à Toulouse et à Lorient –, Lyon ne gagne pas », s’enflamme Anthony Renaud, le 19 septembre 2007. Il prévient : « Raymond Domenech [le sélectionneur de l’équipe de France], lui, sera dans les tribunes du Camp Nou, en vue des prochaines échéances des Bleus. De quoi motiver encore un peu plus Karim Benzema. » Sa motivation paiera. Le 20 novembre 2007, Aimé Jacquet confie à Simon Roger : « Les Nasri, Benzema, Ménez et autres sont de superbes récompenses pour le football français. »



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