l’association des supporteurs pose un préalable aux discussions

l’association des supporteurs pose un préalable aux discussions


L’ANS, principale organisation de supporteurs « ultras », se dit volontaire pour lutter contre l’homophobie à condition que cessent « les discriminations qui (les) frappent ».

Par Publié aujourd’hui à 18h37, mis à jour à 20h35

Temps de Lecture 2 min.

Banderole dans les tribunes du stade des Costières, à Nîmes, le 31 août : « Chez nous, pas d’homophobie... La Ligue, on t’adule. »
Banderole dans les tribunes du stade des Costières, à Nîmes, le 31 août : « Chez nous, pas d’homophobie… La Ligue, on t’adule. » Daniel Cole / AP

« Soit on discute de tout, soit on ne discute de rien » : dans un communiqué publié mardi 10 septembre, trois jours après son assemblée générale, l’Association nationale des supporters (ANS), principal organe représentatif des « ultras » des stades français, a posé ses conditions à la reprise des travaux de lutte contre l’homophobie.

Lire aussi Homophobie dans le football : le dialogue ou l’impasse

La Ligue de football professionnel (LFP) espère réunir, mercredi 11 septembre après-midi, des représentants des supporteurs et quatre associations de lutte contre les discriminations. L’ANS lui a opposé une fin de non-recevoir en réclamant un « moratoire sur les sanctions collectives » frappant les supporteurs. « Notre présence à ces réunions nationales est suspendue à l’ouverture de travaux universels sur les discriminations en tribunes », explique-t-elle encore.

Les groupes « ultras » maintiennent leur volonté de participer aux travaux sur la lutte contre l’homophobie, avec la LFP et au sein de l’instance nationale du supportérisme, mais exigent « au préalable des gages sur les travaux à mener contre les autres discriminations, celles que vivent les supporteurs tous les week-ends. (…) Ces discriminations ont pour noms interdictions de déplacement, interdiction administrative de stade, sanctions collectives, etc. »

Au plus fort de la crise sur l’homophobie dans les stades, à la fin du mois d’août, le dossier des interdictions de déplacement a été érigé en autre priorité par la ministre des sports, Roxana Maracineanu. Il se heurte cependant à l’inflexibilité du ministère de l’intérieur.

Lire aussi « La lutte contre l’homophobie bloquée au stade de la démagogie et des provocations »

Fractures

Mardi soir, après la publication de ce communiqué, la LFP disait garder espoir dans la présence de représentants de l’ANS à la réunion prévue mercredi, qui trouve son son origine… à Nancy : après la première interruption en France d’un match de football pour des insultes homophobes en tribunes, le 16 août lors de Nancy-Le Mans (Ligue 2), des supporteurs nancéiens ont pris contact avec la présidente de la Ligue, Nathalie Boy de la Tour, pour lui proposer une rencontre. Proposition saisie par Mme Boy de la Tour qui a souhaité intégrer à la discussion les représentations des supporters et des associations de lutte contre l’homophobie, avant que la polémique sur les chants homophobes et les interruptions de match ne prenne de l’ampleur.

Ces dernières semaines, la lutte contre l’homophobie dans les stades a créé une fracture entre la LFP et les supporteurs, mais aussi entre la Fédération française de football (FFF) et la ministre des sports, Roxana Maracineanu. Après une première passe d’armes entre la ministre et le président de la FFF, Noël Le Graët, ce dernier a de nouveau fait entendre une voix dissonante mardi en semblant relativiser la gravité des chants homophobes. « Considérer que le football en France est homophobe est un peu fort de café, je ne l’accepte pas. (…) Mais je ferais arrêter un match pour des cris racistes » ou pour des raisons de sécurité, a-t-il dit sur France Info.

Lire aussi Homophobie : Noël Le Graët demande aux arbitres de football de ne « pas arrêter les matchs »





En Savoir Plus

Post Comment