Le manque d’activité physique, un mal récurrent chez les adolescents

Le manque d’activité physique, un mal récurrent chez les adolescents


Plus de 80 % des jeunes, issus de 146 pays, ne respectent pas la recommandation de l’OMS de pratiquer une heure au moins d’exercice quotidien, pointe une étude publiée vendredi 22 novembre dans la revue « The Lancet Child & Adolescent Health ».

Par et Publié aujourd’hui à 00h30

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Vue aérienne d’un match de basketball sur un terrain multi-sports, dans l’ouest parisien, en juin 2018.
Vue aérienne d’un match de basketball sur un terrain multi-sports, dans l’ouest parisien, en juin 2018. THOMAS SAMSON / AFP

De la chaise d’école au siège du bus, du canapé au lit, et rebelote le lendemain… Dans leur vie quotidienne, de nombreux adolescents ne fournissent que très peu d’efforts physiques.

Trop peu, même, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui met en garde contre les effets délétères de cette inactivité, dans une étude publiée vendredi 22 novembre dans la revue médicale The Lancet Child & Adolescent Health. A travers le monde, plus de 80 % des jeunes ne satisfont pas à la recommandation officielle, qui est d’effectuer une heure d’exercice chaque jour.

Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs ont compilé des données recueillies dans le cadre de l’école auprès de 1,6 million d’adolescents âgés de 11 à 17 ans et résidant dans 146 pays différents. « Ces jeunes ont répondu à des questionnaires sur leurs dépenses physiques au sens large, comprenant le sport mais aussi les déplacements actifs comme la marche, ou encore les tâches domestiques », explique Regina Guthold, de l’OMS, auteure principale de l’étude.

Epidémie de paresse

Basées sur des auto-évaluations, ces données comprennent une part d’imprécision. Par ailleurs, seuls les ados allant à l’école ont été pris en considération, alors que, dans certains pays, ils sont nombreux à avoir arrêté leur scolarité.

« Mais ces résultats sont probablement les meilleures estimations disponibles des tendances globales, régionales et temporelles pour les niveaux d’activité physique chez les adolescents », estime Mark Tremblay, de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (Canada), dans un commentaire qui accompagne l’étude.

Sa conclusion est sans appel : les ados sont trop sédentaires. Et le problème ne se cantonne pas aux pays riches. A titre d’exemple, en 2016, la prévalence de l’inactivité physique des jeunes était de 78,4 % en Moldavie, 87,5 % en Egypte, 93,4 % aux Philippines, 84,7 % au Pérou ou encore 87 % en France.

Manque de connaissances ou d’équipements, sécurité insuffisante des infrastructures, accroissement du temps passé devant des écrans : de nombreuses explications sont avancées pour expliquer cette épidémie de paresse.

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Or celle-ci met en danger la santé des adolescents : « Le manque d’activité physique entraîne un risque accru de surpoids et de maladies chroniques comme le diabète ou les douleurs de dos », détaille Chiara Testera, de la fondation Promotion Santé Suisse. « Pratiquer de l’exercice régulièrement est favorable au développement cognitif et donc à la capacité à apprendre, explique Regina Guthold. C’est aussi propice à l’établissement de liens sociaux. » Enfin, les études suggèrent que les ados actifs ont tendance à le rester à l’âge adulte.



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