le retour gagnant de « Mourinho le humble »

le retour gagnant de « Mourinho le humble »


Contre un faible West Ham, Tottenham a retrouvé le chemin de la victoire (3-2) pour le premier match de José Mourinho, qui professe une humilité loin de ses habitudes.

Par Publié aujourd’hui à 17h32, mis à jour à 17h44

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José Mourinho et les bulles du stade de West Ham, samedi 23 novembre, à Londres.
José Mourinho et les bulles du stade de West Ham, samedi 23 novembre, à Londres. Frank Augstein / AP

L’humilité nouvelle affichée par José Mourinho va-t-elle résister à la première victoire de ses nouveaux joueurs de Tottenham, samedi 23 novembre, sur la pelouse de West Ham (2-3) ? Nommé mercredi entraîneur des Spurs à la place de Mauricio Pochettino, José Mourinho a renoué avec la Premier League par une victoire plus aisée que le score n’y paraît – ses joueurs menaient 3-0 après moins d’une heure de jeu.

Après la victoire, le Portugais est resté longtemps debout sur la pelouse face aux supporteurs de Tottenham, sans tirer la couverture à lui mais suffisamment proche des tribunes, tout de même. Tous les fans des Spurs n’ont pas accueilli la nouvelle de son arrivée avec le même bonheur que lui. Pochettino a bâti dans le nord de Londres une vraie puissance du football anglais et offert à ses fans le frisson d’une finale européenne, perdue au printemps contre Liverpool.

Mourinho reste, lui, identifié au rival qu’est Chelsea, où il a connu deux séjours réussis sur le banc. L’acrimonie dans laquelle s’est terminée son aventure à Manchester United, il y a près d’un an, a écorné son image en Angleterre, où Tottenham lui offre sans doute une dernière chance parmi les grands clubs.

« On a de la chance que j’ai beaucoup d’années en Premier League »

Plus que son public, Mourinho a un pays à (re) conquérir et il avait fait de son mieux, jeudi, lors de sa première conférence de presse, prononçant sept fois le mot « humble » et mettant en avant les couleurs de son nouvel employeur – il portait, au lieu d’un costume qui aurait mis en valeur sa ligne intacte, un haut de survêtement violet et une doudoune sans manches disponible à la boutique du club, du plus mauvais effet.

Lors de la conférence de presse d’intronisation de José Mourinho, jeudi 21 novembre.
Lors de la conférence de presse d’intronisation de José Mourinho, jeudi 21 novembre. PA Video / AP

Dans chaque club où il passe, Mourinho « travaille et dor[t] avec le jogging et le pyjama officiels », a-t-il insisté, pour signifier que l’entraîneur se mettait entièrement au service de son employeur du moment. « Le sujet, ce n’est pas moi », avait-il ajouté. Qui le croira ?

Le Mourinho de toujours est revenu sur nos écrans ce samedi après-midi. Masque de sérieux, accolades franches avec ses joueurs et fanfaronnade au micro du diffuseur BT Sport, après la victoire : « On a de la chance que j’ai beaucoup d’années derrière moi en Premier League. Car j’ai dit aux joueurs à la mi-temps que, même si on menait 3-0 à la 85e minute, le match ne serait pas terminé. »

Si c’est le cas, alors ces quarante-huit heures n’ont pas suffi à José Mourinho pour se faire entendre de son groupe, car Tottenham a complètement arrêté de jouer après avoir inscrit, par Harry Kane, son troisième but de l’après-midi.

On a retrouvé Dele Alli

La première période fut un récital de Dele Alli, la pépite anglaise portée disparue depuis le début de saison et qui détient peut-être la clé du réveil des Spurs. Alli – à qui Mourinho avait demandé, lors de leur premier entretien mercredi, si c’était son frère jumeau qui jouait cette saison – a été impliqué sur toutes les actions des siens, notamment sur les buts de Son (36e) et Lucas Moura (43e).

Alli a disparu après le troisième but, comme le reste des Spurs, malgré les changements opérés par José Mourinho, notamment l’entrée en jeu de Moussa Sissoko, à qui il avait initialement préféré le local Eric Dier.

José Mourinho a mis le retour tardif de West Ham sur le compte de « la fatigue [due aux] retours de sélection nationale, aux émotions liées au départ de l’entraîneur, l’arrivée d’un autre »…

Pellegrini à son tour en danger

La patte tactique du double champion d’Europe n’a pas été évidente sur cette première rencontre. Lui-même avait annoncé « ne pas vouloir se prendre pour Einstein » en si peu de temps, préférant se concentrer sur « de petits détails » et « la recherche du bonheur », tout simplement. Mission accomplie, selon lui : « L’essentiel, ce n’était pas de gagner 3 ou 4-0, mais les trois points qui constituaient une barrière mentale. Les gars sont heureux, et j’avais vraiment envie qu’ils retrouvent la joie. »

Dans l’état d’urgence dans lequel se trouve Tottenham, une première victoire à l’extérieur depuis le mois de janvier est bien suffisante.

Mais il y a sans doute plus à dire, après ce derby londonien, de l’état déplorable dans lequel se trouvent les ambitieux Hammers et leur entraîneur Manuel Pellegrini, favori des bookmakers pour être le prochain manager remercié en Premier League.



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