Le sénateur américain Richard Lugar, figure du contrôle des armes, est mort

Le sénateur américain Richard Lugar, figure du contrôle des armes, est mort


Elu en 1976 au Sénat américain, où il siégera jusqu’en 2012, il avait participé à la neutralisation d’une partie de l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS. Il est mort le 28 avril, à l’âge de 87 ans.

Par Gilles Paris Publié aujourd’hui à 15h12

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Le sénateur américain Richard Lugar (républicain) en juin 2010.
Le sénateur américain Richard Lugar (républicain) en juin 2010. CHIP SOMODEVILLA / AFP

Richard Lugar, ancien sénateur républicain de l’Indiana, qui avait activement participé à la neutralisation d’une partie de l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS, est mort le 28 avril à Annandale (Virginie) des suites d’une maladie neurologique. Il était âgé de 87 ans.

La course de fond fut longtemps le refuge de Richard Lugar, qui ne renonça à ses échappées qu’après être devenu septuagénaire. Elle était le reflet de sa détermination et de sa quête d’équilibre, tout autant que la solitude qu’a parfois impliquée la fidélité à ses convictions.

Né le 4 avril 1932 à Indianapolis (Indiana), au sein d’une famille d’agriculteurs également à la tête d’une petite usine d’agroalimentaire, Richard Lugar enchaîne des études brillantes dans l’Ohio puis au Pembroke College d’Oxford, grâce à une prestigieuse bourse Rhodes. Il passe ensuite trois ans dans la Navy avant de regagner son Etat natal et l’entreprise familiale. La politique l’en détourne rapidement. En 1967, il est élu maire d’Indianapolis, à l’âge de 35 ans, et attire l’attention du président républicain d’alors, Richard Nixon, par l’excellence de sa gestion. Neuf ans plus tard, sa renommée lui permet d’arracher un siège de sénateur au Parti démocrate. Il sera constamment réélu jusqu’en 2012.

Influence décisive

Son solide ancrage local lui permet de se tourner en toute quiétude vers les dossiers internationaux. Il préside d’ailleurs la puissante commission des affaires étrangères du Sénat de 1985 à 1987, puis de 2003 à 2007. Conservateur modéré, hostile à l’avortement et aux droits homosexuels, mais favorable à un meilleur contrôle des armes à feu, il n’hésite pas à contester Ronald Reagan quand il le juge nécessaire. A deux reprises en 1986, son influence est décisive.

Il parvient tout d’abord à entraîner derrière lui assez d’élus républicains pour retourner un veto présidentiel contre les sanctions visant l’Afrique du Sud, alors placée sous le régime de l’apartheid. La Maison Blanche a beau mettre en garde contre le risque de faire basculer cet allié dans le camp soviétique, Richard Lugar refuse de transiger. « Nous sommes contre la tyrannie, et la tyrannie règne en Afrique du Sud », assure-t-il.

Il pèse de même de tout son poids contre le dictateur philippin Ferdinand Marcos après l’élection présidentielle de février 1986, entachée de fraude. Présent sur place pendant le scrutin, il parvient à convaincre la Maison Blanche de lâcher le dirigeant. L’élection finit par tourner à l’avantage de Cory Aquino, veuve d’un opposant assassiné trois ans plus tôt par le régime.



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