les Bleues font le pari de la jeunesse

les Bleues font le pari de la jeunesse


Les Françaises, qui sont championnes du monde sortantes, sont également championnes d’Europe, titre conquis en décembre 2018, à Paris.
Les Françaises, qui sont championnes du monde sortantes, sont également championnes d’Europe, titre conquis en décembre 2018, à Paris. FRANCK FIFE / AFP

Olivier Krumbholz ne veut pas l’avouer mais les Jeux olympiques de Tokyo, dans huit mois, occupent son esprit. « Le but suprême de ce collectif, c’est les JO », avait affirmé sans détour le sélectionneur de l’équipe de France féminine de handball le 7 novembre, quelques jours avant de s’envoler pour le Mondial de Kumamoto (sud du Japon), du 30 novembre au 15 décembre.

Car avant de caresser l’Olympe, seul titre international qui se refuse encore aux handballeuses françaises – elles s’étaient inclinées en finale contre la Russie en 2016 à Rio –, les championnes du monde et d’Europe devront ferrailler pour conserver leur titre. Et Olivier Krumbholz compte s’appuyer sur la jeune génération de joueuses pour se sortir des pièges de la phase préliminaire : « Ce sont elles qui peuvent faire gagner l’équipe de France. »

Les Bleues retrouveront successivement, dans la poule B, la Corée du Sud, le Brésil, l’Australie, l’Allemagne et le Danemark. Un groupe propre à donner quelques sueurs froides : seules les trois premières places – contre quatre lors des précédentes éditions des championnats du monde – sont qualificatives pour le tour principal. « On est sur une dynamique positive, on a toujours aussi faim. Et on sera l’équipe à abattre », savoure déjà la demi-centre Allison Pineau.

Les Françaises feront leur entrée en lice samedi 30 novembre contre les Sud-Coréennes, au jeu atypique, « toujours complexe à jouer ». « Le niveau de la poule est très relevé, pas une équipe ne peut dire qu’elle est au-dessus du lot [seule l’Australie évolue un ton en dessous], il va déjà falloir en sortir de cette poule. Après, l’équipe montera en charge, les filles seront lancées », positive Olivier Krumbholz, selon qui les Brésiliennes représentent la menace la plus sérieuse du premier tour.

« Elles ont mis du temps à digérer leur titre de championne du monde 2013, mais je les sens de nouveau dans une phase ascendante avec une grosse défense », prévient celui qui est à la tête du handball féminin français quasiment sans discontinuer depuis 2003.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Handball : les Bleues, au sommet de leur art

« Un rythme de fou »

Avec cinq matchs en une semaine lors de ce tour préliminaire, les handballeuses françaises n’auront guère le temps de goûter aux sources chaudes de Kikuchi ou aux racines de lotus au piment, spécialités de Kumamoto. « C’est un rythme de fou », fulmine le sélectionneur français, qui dénonce en outre un traitement inéquitable avec l’équipe du Danemark dans l’organisation de la poule.

Les Scandinaves disputeront tous leurs matchs à Kumamoto, alors que les Bleues se rendront, pour leurs quatre premières rencontres, à Yamaga, à une heure de transport. « Les organisateurs ont mis l’équipe championne du monde dans les pires conditions pour être performantes, c’est un croche-pied à l’équipe de France », s’indigne le technicien français.

Les Françaises pourront toujours se reposer sur leur défense, grâce à laquelle elles ont bâti leurs succès passés. Une forteresse gardée par les taulières Allison Pineau, Béatrice Edwige ou encore Amandine Leynaud, la gardienne et capitaine de l’équipe.

Seule fissure dans l’édifice Bleu, la blessure au genou gauche de Laura Glauser – « une grosse tuile », selon Krumbholz – oblige le sélectionneur à lancer dans le grand bain international une quasi-néophyte (Roxanne Frank ou Catherine Gabriel) pour seconder Amandine Leynaud sur le poste. « Ce sera l’occasion pour une jeune gardienne ambitieuse de briller. »

D’autres « débutantes » auront également l’occasion de se montrer, à commencer par Orlane Kanor, l’artilleuse de l’équipe, et les benjamines du groupe, la demi-centre Méline Nocandy (21 ans) et la pivot Pauletta Foppa (19 ans), chargées d’apporter de la puissance et de la vitesse en attaque.

Lire aussi Mondial de handball féminin : Pauletta Foppa, la « météorite » des Bleues

« On va faire confiance aux jeunes, elles ont du talent, il y a une vraie richesse dans ce groupe », se réjouit l’entraîneur des Bleues, qui avoue n’avoir jamais ressenti depuis 2007 une telle complémentarité entre les différentes générations de joueuses. Aux anciennes donc le soin de garder la défense imperméable, aux plus jeunes celui d’apporter le danger en attaque. « C’est notre capacité à faire l’amalgame entre les jeunes et les anciennes qui déterminera si l’on fait un grand Mondial ou pas. »

Lire aussi Euro 2018 féminin de handball : Orlane Kanor, l’artilleuse des Bleues

Une poule de tous les dangers

Olivier Krumbholz n’a pas vraiment le choix, il devra s’appuyer sur les seize joueuses retenues, et pas seulement sur les titulaires. « Dans ce type de compétition tellement exigeante, on ne finit pas avec les mêmes que celles qui ont commencé, on utilisera les possibilités de changement pour insuffler du sang frais à un moment ou un autre de la compétition. »

Au tour principal, les Françaises pourraient, si elles sortent de cette poule B de tous les dangers, croiser le fer avec les trois premiers de la poule A, composée notamment de la Norvège, des Pays-Bas – respectivement deuxième et troisième du Mondial 2017. Pas franchement une sinécure. Le moindre point perdu en route et les Françaises hypothéqueraient leurs chances de rejoindre les demi-finales, objectif revendiqué par Olivier Krumbholz.

Celui des joueuses, lui, est clair : les Bleues sont à Kumamoto pour conserver leur titre. Vainqueures de leurs trois matchs de préparation lors de la Japan Cup, une semaine avant la compétition, les joueuses ont hâte d’en découdre. Pas question de faire l’impasse, insiste Pauline Coatanea. « J’ai envie de la médaille d’or, je ne pense pas du tout aux JO », affirme la jeune ailière droite.

Olivier Krumbholz, lui, y pense au titre « suprême », et veut faire du Mondial « une évaluation sur le plan individuel et collectif pour les Jeux olympiques ». Avant d’ajouter, réaliste, que « la meilleure façon de préparer Tokyo et de construire 2024, c’est d’être performant à Kumamoto ».

Un rythme de matchs infernal

Les Françaises figurent dans une poule B homogène au niveau relevé, en phase préliminaire du Mondial de handball de Kumamoto (Japon), du 30 novembre au 15 décembre. L’annonce des 16 joueuses retenues pour la compétition sera faite vendredi 29 novembre, veille du premier match des Bleues.

France – Corée du Sud : samedi 30 novembre à 18 heures (10 heures, heure française), à Yamaga.

Brésil – France : dimanche 1er décembre à 15 heures, à Yamaga.

France – Australie : mardi 3 décembre à 19 heures, à Yamaga.

Allemagne – France : mercredi 4 décembre à 19 heures, à Yamaga.

France – Danemark : vendredi 6 décembre à 20 h 30, à Kumamoto.

Les équipes classées aux trois premières places de cette poule B seront qualifiées pour le tour principal, où elles seront opposées aux trois premières de la poule A, composée notamment des redoutables équipes norvégienne et néerlandaise.



En Savoir Plus

Post Comment