L’Espagne, horizon de la gauche française

L’Espagne, horizon de la gauche française


La victoire du PSOE aux élections législatives inspire de nombreux responsables politiques de gauche en France. Mais la transposition du modèle espagnol est loin d’être automatique.

Par Abel Mestre et Sylvia Zappi Publié hier à 16h52, mis à jour à 01h15

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A Madrid, le 28 avril.
A Madrid, le 28 avril. SERGIO PEREZ / REUTERS

Pedro Sanchez, le patron du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, gauche) arrivé en tête lors des élections législatives espagnoles du dimanche 28 avril, en est certain : sa victoire envoie un signal « clair à l’Europe et au monde : on peut vaincre la réaction, l’autoritarisme et la régression ». Un message parfaitement reçu par ses camarades français qui regardent avec envie la réussite de M. Sanchez qui a su « gauchir » la ligne de son parti, tout en restant fidèle à la social-démocratie. Une équation complexe qui inspire.

Du côté de la gauche de la gauche, le résultat de Podemos qui arrive en quatrième position, montre qu’un discours sans concession peut s’enraciner dans le paysage politique, malgré les crises internes et un résultat en demi-teinte (perte de vingt-neuf sièges de députés et de plus d’un million de voix par rapport à 2016). Une situation que La France insoumise (LFI), proche de Podemos, observe également avec attention.

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Depuis le résultat calamiteux de l’élection présidentielle française de 2017 (6,36 % des voix), les responsables du Parti socialiste (PS) redoutent plus que tout la « pasokisation [du nom du Parti socialiste grec] » de leur formation. Comprendre : une marginalisation qui les effacerait durablement de l’échiquier politique.

Pour la conjurer, les socialistes français cherchent à tout prix un modèle, voire une formule magique qui leur évite le sort de leurs camarades grecs ou italiens. Après avoir longtemps lorgné vers l’Amérique latine et les exemples de Lula (Brésil) ou de Michelle Bachelet (Chili), c’est désormais vers le sud de l’Europe − l’Espagne, donc, mais aussi le Portugal − qu’ils ont tourné leurs regards.

Le chemin est encore long

De la défaite à la présidentielle, Olivier Faure a tiré les leçons en dressant un bilan sévère du quinquennat Hollande. Le premier secrétaire du PS entend aller au-delà en rompant avec une ligne sociale-libérale qui a marqué le déclin des sociaux-démocrates en Europe.

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La gestion drastique des comptes publics et l’application attentionnée de politiques d’austérité ont eu comme effets immédiats la disparition de la frontière entre la gestion sociale-démocrate et celle de droite. Avec pour conséquence une désaffection durable et un électorat qui se tourne notamment vers les mouvements adeptes de la stratégie populiste avec qui le PS ne partage pas certains fondamentaux, comme, par exemple, le rejet du clivage gauche-droite.



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