L’Espagne, seule gagnante de la Coupe Davis nouvelle génération

L’Espagne, seule gagnante de la Coupe Davis nouvelle génération


Rafael Nadal a apporté le dernier point face au Canada, à l’issue d’une semaine de compétition à domicile. Gerard Piqué promet des améliorations sur ce nouveau format très critiqué.

Par Publié aujourd’hui à 21h57

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Spain's Rafael Nadal celebrates with his teammates after defeating Canada's Denis Shapovalov in their tennis singles match to win the Davis Cup final in Madrid, Spain, Sunday, Nov. 24, 2019. (AP Photo/Manu Fernandez)
Spain’s Rafael Nadal celebrates with his teammates after defeating Canada’s Denis Shapovalov in their tennis singles match to win the Davis Cup final in Madrid, Spain, Sunday, Nov. 24, 2019. (AP Photo/Manu Fernandez) Manu Fernandez / AP

Le format a eu beau changer radicalement, il y a quand même des habitudes qui restent : quand Rafael Nadal est là, l’Espagne gagne la Coupe Davis. Déjà vainqueur en 2004, 2008 2009 et 2011, le n°1 mondial a rajouté, dimanche 24 novembre, un cinquième sacre, le sixième de l’Espagne, devant son public et une salle totalement acquise à sa cause.

Après une demi-finale héroïque contre le Royaume-Uni, où Nadal avait d’abord ramené les deux équipes à égalité avant de gagner avec Feliciano Lopez un double décisif irrespirable contre la paire britannique Jamie Murray – Neal Skupski (7-6 (3), 7-6 (7)), la finale contre le Canada a été plus tranquille.

Roberto Bautista a ouvert la voie en battant Felix Auger-Aliassime (7-6 (3), 6-3), avant que l’ogre de Majorque ne finisse en beauté contre Denis Shapovalov (6-3, 7-6 (7)). Beaucoup d’intensité, des matchs couperets en deux sets, de l’émotion : la magie de la Coupe Davis a parfois animé Madrid.

Dans une salle comble et en fusion, comme à chaque match de l’Espagne, nul doute que la finale a été à la hauteur des attentes de Gerard Piqué, l’organisateur de la révolution de la Coupe Davis via sa société Kosmos. « C’est un début fantastique et une excellente base de départ », plastronnait le président de la Fédération internationale de tennis (ITF) David Haggerty. Pour autant, ce final est aussi l’arbre qui cache la forêt, tant les polémiques ont été nombreuses au cours de cette semaine.

La chanteuse Shakira, qui s’est produite en concert avant la finale de la Coupe Davis, et son mari Gerard Piqué, organisateur de la compétition.
La chanteuse Shakira, qui s’est produite en concert avant la finale de la Coupe Davis, et son mari Gerard Piqué, organisateur de la compétition. Manu Fernandez / AP

Rivalités de calendrier

A commencer par les tribunes : si les matchs de l’Espagne ont fait le plein à Madrid, ce sont les seuls. Le stade dans les rencontres du début de semaine a sonné creux, sans parler de la cérémonie d’ouverture, même si l’ambiance est progressivement montée. Le public espagnol s’est déplacé avant tout pour son équipe nationale. Un comble quand, dans le même temps, Roger Federer, qui a boudé la compétition, effectuait une tournée en Amérique du Sud et Centrale aux allures de triomphe : 42 517 spectateurs, selon les organisateurs, samedi dans une arène de Mexico pour un match d’exhibition contre l’Allemand Alexander Zverev.

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Autre sujet de crispation : le format des set-average pour départager les deuxièmes de poules et décider des deux dernières places en quarts de finale. Pour se préserver, plusieurs équipes déjà qualifiées, comme le Canada, ont fait l’impasse sur le double lors de leur deuxième match, perdant par forfait 6-0, 6-0 au mépris de l’équité sportive. A l’inverse, le match de poules entre l’Italie et les Etats-Unis s’est terminé à… 4 heures du matin. « C’est facile à résoudre », a affirmé Gerard Piqué dimanche, reconnaissant « des problèmes d’horaires » et annonçant la possibilité d’utiliser un quatrième court l’année prochaine.

La France invitée de la prochaine édition

Cette édition de la nouvelle Coupe Davis ne mettra pas un terme aux rivalités qui secouent les instances du tennis mondial. A partir de 2020, l’ATP, le circuit professionnel masculin, organise début janvier l’ATP Cup, troisième compétition par équipes du calendrier, après la Laver Cup, qui oppose une équipe européenne contre le reste du monde sur plusieurs jours.

Soutenue par l’ATP, elle est pour l’instant placée en septembre, sur une période que Kosmos aimerait bien récupérer pour déplacer et la Coupe Davis et l’allonger d’une semaine. Interrogé sur l’absence de Roger Federer, Gerard Piqué l’a d’ailleurs mise sur le compte des intérêts commerciaux su Suisse : « Il a la Laver Cup, c’est son bébé, sa compétition qu’il veut évidemment protéger. Il veut développer au maximum son exhibition. » Piqué a assuré que des négociations étaient toujours en cours avec l’ATP, espérant « annoncer quelque chose à ce sujet » dans les prochains mois.

La prochaine édition se déroulera une nouvelle fois à Madrid, avec l’équipe de France. Eliminée sans gloire au premier tour, elle bénéficiera d’une des deux invitations de la Fédération internationale, en compagnie des quatre demi-finalistes et de la Serbie. Les autres équipes devront s’affronter en barrages pour obtenir leur ticket. Ce sera sans la Suisse de Federer.





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