l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia parmi les “puissants” visés par la justice

l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia parmi les “puissants” visés par la justice



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Depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika il y a quatre semaines, la justice algérienne a lancé une vaste série d’enquêtes. Après le ministre des Finances lundi, c’était au tour mardi de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia d’être entendu.

L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a été auditionné par la justice algérienne. Convoqué le 20 avril par la brigade des investigations de la gendarmerie nationale, il a été entendu mardi 30 avril sur des soupçons de “dilapidation de fonds publics”.

“Il y a un important dispositif de sécurité autour du tribunal avec une foule de manifestants scandant des slogans hostiles”, décrit Moncef Ait Kaci, correspondant à Alger pour France 24. Ahmed Ouyahia avait effectué quatre mandats au poste de Premier ministre, avant d’être limogé en mars à la suite du mouvement de manifestations. Le verdict de son audition “ne tombera probablement pas aujourd’hui, mais dans les jours à venir”, précise Moncef Ait Kaci.

Cette audition s’inscrit dans une vaste série d’enquêtes lancées par la justice algérienne à l’encontre de hauts responsables de l’État et de puissants hommes d’affaires. Lundi, Mohamed Loukal, le ministre des Finances, était le premier à comparaître devant le procureur de la République, lui aussi sur des soupçons de “dilapidation de fonds publics”. Ressorti libre du tribunal de Sidi M’hamed, dans le centre d’Alger, le ministre n’a fait aucune déclaration.

Depuis son audition, plusieurs personnalités ont été interrogées, d’autres sont impliquées dans des affaires en cours. Sur la liste, des responsables de l’État mais aussi des hommes d’affaires, pour la plupart membre du cercle d’Abdelaziz Bouteflika.

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Des hauts responsables de l’État…

Un haut fonctionnaire est aussi mis en cause. L’ex-chef de la police, Abdelghani Hamel, était entendu lundi dans l’après-midi par le tribunal de Tipaza, à 60 km à l’ouest d’Alger. Selon la télévision nationale, le général Hamel et l’un de ses fils “font face à des accusations d’activités illégales, de trafic d’influence, de détournement de biens fonciers et d’abus de fonction”. Le chef de la police, limogé en juin 2018, est également ressorti libre du tribunal, mais selon l’agence officielle APS, son audition “pourrait se poursuivre dans les prochains jours”.

La justice a également annoncé qu’elle allait de nouveau enquêter sur l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Kheli, réfugié entre 2013 et 2016 aux États-Unis car recherché en Algérie dans le cadre d’un vaste scandale de corruption avant que les poursuites ne soient abandonnées.

… aux hommes d’affaires

La justice algérienne ne s’arrête pas aux portes du pouvoir et enquête également sur de puissants hommes d’affaires. Dans sa ligne de mire, l’ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad. Arrêté après la découverte de devises non déclarées et de deux passeports à un poste-frontière avec la Tunisie, il est finalement écroué le 3 avril. Ami de longue date de Saïd Bouteflika, Ali Haddad avait investi dans deux des campagnes électorales de l’ancien président algérien.

Issad Rebrab, considéré comme la première fortune du pays a été placée en détention préventive le 23 avril. Le PDG du premier groupe privé d’Algérie est soupçonné de “fausses déclarations” en matière de transferts de capitaux et d’importations. À l’inverse des autres, il est plutôt connu pour entretenir des relations tendues avec l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika.

Plusieurs membres de la famille Kouninef, propriétaire d’un groupe attributaire d’importants contrats publics, ont été placés en détention provisoire le 24 avril, après avoir été entendus dans une affaire de “trafic d’influence”. La famille est considérée comme grande alliée du clan Bouteflika.

Malgré les nombreuses enquêtes lancées par la justice, les manifestants réclament toujours le départ de l’ensemble du “système” au pouvoir.

Avec AFP



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