L’Irak, otage de la rivalité entre ses parrains, les Etats-Unis et l’Iran

L’Irak, otage de la rivalité entre ses parrains, les Etats-Unis et l’Iran


Les Etats-Unis, qui ont rappelé leur personnel diplomatique non essentiel, sont soupçonnés d’exagérer la menace des milices chiites.

Par Hélène Sallon Publié aujourd’hui à 10h48, mis à jour à 10h59

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Mike Pompeo (à d.), lors de sa visite surprise en Irak, parle avec Joey Wood,  le chargé d’affaire de l’ambassade  américaine de Bagdad, le 7 mai 2019.
Mike Pompeo (à d.), lors de sa visite surprise en Irak, parle avec Joey Wood,  le chargé d’affaire de l’ambassade  américaine de Bagdad, le 7 mai 2019. Mandel Ngan / AP

Ligne de friction et terrain de rivalité entre les Etats-Unis et l’Iran, l’Irak pouvait difficilement s’extraire de la montée des tensions entre ses deux parrains. Après une série d’incidents visant des intérêts pétroliers dans le Golfe ces derniers jours, les Etats-Unis ont invoqué un « flux de menaces accru » en Irak pour rappeler leur personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de Bagdad et du consulat d’Erbil, au Kurdistan irakien, mercredi 15 mai.

Soupçonnée d’alimenter l’escalade en exagérant le niveau de la menace, l’administration américaine a justifié « une menace imminente contre [son] personnel ». Cette menace « est réelle », a insisté un haut responsable américain à Washington, évoquant la responsabilité de « milices irakiennes sous commandement et contrôle des gardiens de la révolution iraniens ».

Depuis la proclamation de la victoire contre l’organisation Etat islamique (EI) en décembre 2017, à laquelle Washington et Téhéran ont indirectement coopéré, les deux parrains se livrent une guerre d’influence en Irak. La décision du président américain, Donald Trump, de réinstaurer des sanctions économiques contre l’Iran, après son retrait de l’accord nucléaire en mai 2018, puis l’inscription, en avril, des gardiens de la révolution sur la liste américaine des « organisations terroristes » ont avivé les tensions.

« Pression maximale » de Washington

Washington fait pression pour que Bagdad limite ses échanges avec son voisin iranien, partenaire économique incontournable dans des secteurs-clés, et réduise l’influence des milices chiites pro-iraniennes au sein de l’appareil sécuritaire. Ces dernières, entrées en force au Parlement en mai 2018, ont multiplié les provocations contre les Américains, sans toutefois réussir à rallier une majorité pour imposer le départ des troupes étrangères – dont 5 200 soldats américains.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Trump ne veut pas de guerre avec l’Iran. Qui peut en dire autant de son conseiller John Bolton ? »

Dans le contexte de « pression maximale » exercée depuis dix jours par Washington, présentée comme une réponse à des préparatifs iraniens d’attaques aux contours encore flous contre ses intérêts dans la région, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a effectué une visite surprise à Bagdad le 5 mai, pour partager avec les dirigeants irakiens « les informations qui indiquent une escalade des activités de l’Iran ». Selon plusieurs responsables militaires américains, le renseignement a constaté des mouvements d’armes et de groupes pro-iraniens à terre et en mer, et des instructions pour attaquer des intérêts américains comme des ambassades, des consulats ou des soldats.



En Savoir Plus

Post Comment