Martin Fourcade repart « avec envie et ambition »

Martin Fourcade repart « avec envie et ambition »


Martin Fourcade lors de l’épreuve de relais de la  Coupe du monde de l’Union internationale de biathlon à Östersund en Suède, le 7 février.
Martin Fourcade lors de l’épreuve de relais de la  Coupe du monde de l’Union internationale de biathlon à Östersund en Suède, le 7 février. JONATHAN NACKSTRAND / AFP

A l’heure d’aborder les premières épreuves de la Coupe du monde de biathlon, samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre à Östersund, en Suède, la bonne nouvelle concernant Martin Fourcade, c’est qu’il se sent… moins bon que l’an dernier.

A la fin de l’automne 2018, jamais le quintuple champion olympique n’avait été aussi fort et n’était allé aussi vite. On peut avoir le plus gros palmarès du sport français aux JO et imaginer qu’on a encore des choses à prouver.

« J’ai changé de coach, Vincent [Vittoz, qui a remplacé Stéphane Bouthiaux, passé directeur technique national de la discipline] était un de mes modèles quand j’étais gamin. J’ai eu envie de lui montrer que j’étais un bel athlète, que j’étais capable d’aller vite aux entraînements, de pousser fort en muscu », justifie Fourcade, qui, coup sur coup, a perdu son mentor pour la partie ski de fond et Franck Badiou, l’homme qui murmurait à sa carabine, remplacé par l’Italien Patrick Favre.

Citius, fortius… inferius. Son corps lui a vite fait payer ce péché d’orgueil et sa saison a viré au long chemin de croix. Zéro médaille aux Mondiaux (une première depuis 2010), « seulement » deux victoires en Coupe du monde et une 12e place au général après sept gros globes de cristal de rang. Fourcade écourtera le supplice, allant jusqu’à parler de petit burn-out sportif.

Stratégies de régénération

Cette saison postolympique restera comme celle où le « monstre » qu’il avait engendré, pour reprendre son expression, celui qui avait rendu prévisible un sport soumis aux aléas climatiques et se jouant à quelques millimètres, a repris forme humaine. « Ça a montré au grand public que ce n’était pas une machine. Nous, on sait tous les efforts qu’il a produits toutes ces années pour rester au top niveau, donc il n’y avait rien d’inhumain là-dedans », corrige Stéphane Bouthiaux. Une fin de règne, pas une abdication.

De la même façon qu’il s’est toujours efforcé d’oublier la victoire sitôt descendu du podium, il n’a pas ruminé trop longtemps. « Je ne porte pas un sac à dos d’amertume ou de frustration, je regarde la saison avec envie et ambition », assure-t-il.

« C’est une fierté d’avoir su garder le cap et encaisser les coups de l’an dernier », Martin Fourcade

A aucun moment l’idée de raccrocher les skis ne lui a effleuré l’esprit. « Je me suis fait la réflexion que ce serait beaucoup trop simple d’abandonner à ce moment-là, tout comme il aurait été beaucoup trop simple de s’arrêter au sommet après les JO de Pyeongchang. C’était le cliché que je ne voulais pas. Donc non je ne me suis pas posé la question une seconde, je n’avais surtout pas envie de garder ce goût-là dans la bouche. »



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