« Notre nation est déchirée », le constat accablé d’une témoin au cœur de l’affaire

« Notre nation est déchirée », le constat accablé d’une témoin au cœur de l’affaire


Fiona Hill témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants à Washington, le 21 novembre.
Fiona Hill témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants à Washington, le 21 novembre. ANDREW HARRER / AP

Fiona Hill a résumé en quelques phrases lapidaires, jeudi 21 novembre, l’affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure de mise en accusation pour abus de pouvoir par la Chambre des représentants. Ancienne responsable de la zone Europe au sein du Conseil à la sécurité nationale de la présidence, recrutée au tout début du mandat du président par son premier conseiller, Michael Flynn, elle a été au cœur de la controverse jusqu’à son départ le 19 juillet.

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A ce titre, elle n’a pas pu témoigner à propos du coup de fil qui constitue le socle de cet « impeachment ». Le 25 juillet, Donald Trump avait demandé « une faveur » à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky : plus précisément l’ouverture d’enquêtes visant ses adversaires politiques. Fiona Hill a, en revanche, expliqué avec une précision chirurgicale la cohabitation impossible entre deux équipes qui a conduit à cette crise.

Racontant une réunion heurtée, en juin, avec Gordon Sondland, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne (UE) chargé par Donald Trump du dossier ukrainien – entendu la veille par la Chambre –, la conseillère a expliqué : « Ce qui me mettait en colère, c’est qu’il ne se coordonnait pas avec nous. » « Et il m’a dit : Mais j’informe le président. Je briefe le chief of staff [le directeur de cabinet de Donald Trump Mick] Mulvaney. Je briefe le secrétaire [d’Etat Mike] Pompeo et j’ai parlé à l’ambassadeur [John] Bolton [conseiller à la sécurité nationale et supérieur de Fiona Hill]. Avec qui d’autre dois-je traiter ? », a demandé, selon elle, Gordon Sondland. « Il avait absolument raison. Parce qu’il était impliqué dans une mission de politique intérieure. Alors que nous étions impliqués dans des sujets de politique étrangère relatif à notre sécurité nationale, et ces deux choses venaient de diverger », a estimé l’ancienne responsable de l’Ukraine à la Maison Blanche.

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Au côté de Fiona Hill, David Holmes, conseiller pour les affaires politiques à l’ambassade des Etats-Unis en Ukraine, a rapporté un épisode accablant : les bribes d’une conversation téléphonique entre Gordon Sondland et Donald Trump, au lendemain du coup de fil du 25 juillet. « Ce fut une expérience très particulière », a-t-il assuré.

« Rien à foutre de l’Ukraine »

Gordon Sondland n’a pas contesté lors de son audition, la veille, le compte rendu du diplomate qui s’était exprimé à huis clos le 15 novembre. Le 26 juillet, il avait informé Donald Trump de la détermination alors affichée par Volodymyr Zelensky pour ouvrir les enquêtes demandées afin d’obtenir en retour une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire cruciale qui venait d’être bloquée sans raison.



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