Nouvelle offensive en faveur de la légalisation du cannabis

Nouvelle offensive en faveur de la légalisation du cannabis


Une étude du Conseil d’analyse économique publiée jeudi plaide pour une légalisation encadrée. Plusieurs députés LRM ont signé une tribune en faveur d’une évolution de la loi de 1970.

Par et Publié aujourd’hui à 01h40, mis à jour à 01h54

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A Paris, lors de la 15e Marche mondiale du cannabis, le 14 mai 2016.
A Paris, lors de la 15e Marche mondiale du cannabis, le 14 mai 2016. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C’est l’un des plus vieux serpents de mer de la vie politique française. La question de la légalisation du cannabis a de nouveau été posée, mercredi 19 juin, par plusieurs députés, dont quelques figures de la Macronie, suscitant beaucoup de commentaires dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Le numéro deux du parti La République en marche (LRM), Pierre Person (Paris), et son collègue Aurélien Taché (Val-d’Oise), figurent ainsi parmi les signataires d’un appel à la légalisation publié en « une » de l’Obs. Sept autres députés du parti majoritaire ont concomitamment apporté leur soutien à une proposition de loi du député du groupe Libertés et territoires, François-Michel Lambert (Bouches-du-Rhône). Le texte envisage une légalisation régulée du cannabis par la mise en place d’un monopole public de production et de distribution.

C’est très précisément le processus prôné dans une note rendue publique jeudi 20 juin par deux économistes mandatés par le Conseil d’analyse économique, la structure chargée de conseiller le gouvernement et qui s’est autosaisie de ce sujet.

Faisant le constat – comme beaucoup d’autres avant lui – que le « système de prohibition promis par la France depuis cinquante ans est un échec », les auteurs proposent, dans le sillage de ce qu’avait déjà avancé le think tank Terra Nova, de « reprendre le contrôle de ce marché ». Pour eux, la mise en place de magasins dédiés et contrôlés par l’Etat permettrait à la fois de lutter contre les trafics et de mieux « restreindre l’accès » du cannabis aux plus jeunes. « C’est un sujet qui évolue très vite, avec beaucoup de retours d’expérience car tous les pays qui légalisent le font avec des modalités différentes, souligne Pierre-Yves Geoffard, l’un des co-auteurs du texte. L’avantage de ne pas partir en premier, c’est qu’on peut profiter des erreurs des autres. »

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« Le tout répressif ne fonctionne plus »

Aux députés qui demandent l’organisation d’un débat parlementaire d’ici à la fin de l’année, l’exécutif oppose une claire fin de non-recevoir. « La position du gouvernement n’est pas d’aller vers une légalisation du cannabis », a prévenu, mercredi, sa porte-parole Sibeth Ndiaye, à la sortie du conseil des ministres. « Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron l’avait écarté, et nous avons d’autres sujets à travailler plus important pour le quotidien des Français », explique Thomas Mesnier, député (LRM) de Charente.



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