Où vont la recherche et l’expertise scientifique sur les risques environnementaux et leurs impacts sanitaires ?

Où vont la recherche et l’expertise scientifique sur les risques environnementaux et leurs impacts sanitaires ?



Tribune. L’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, a mis en avant l’importance de pouvoir s’appuyer sur une expertise neutre et de haut niveau scientifique dans l’évaluation des risques chimiques pour l’homme et l’environnement afin de répondre aux préoccupations légitimes de la population. Cela est tout aussi vrai en situation d’urgence accidentelle que pour des situations d’exposition chronique via des milieux de vie ou des produits de consommation contaminés (jouets, éléments du mobilier, aliments …). La difficulté de communiquer en situation d’incertitude favorise par ailleurs l’apparition de polémiques, et engendre une perte de confiance envers les décideurs, les agences et les scientifiques.

Les controverses sur les pesticides tels que le glyphosate et très récemment sur les SDHI, ces fongicides largement utilisés, sur les perturbateurs endocriniens, les ondes électromagnétiques, les nanoparticules, les micro-plastiques dans l’environnement et l’alimentation, etc. se suivent à un rythme accéléré et attendent des réponses claires. Elles appellent des recherches et expertises scientifiques robustes et transparentes pour permettre aux autorités de prendre les meilleures décisions, ainsi que pour faire taire les rumeurs ou fausses nouvelles diffusées dans certains réseaux sociaux et médias.

Un engagement affiché et effectif de l’Etat se doit d’être à la hauteur de ces enjeux civilisationnels majeurs dans une société en plein doute

Afin de disposer d’une expertise crédible pour toutes les parties prenantes, un engagement affiché et effectif de l’Etat auprès des équipes de recherche, des agences publiques d’évaluation des risques et instituts d’expertise est fondamental et se doit d’être à la hauteur de ces enjeux civilisationnels majeurs dans une société en plein doute. C’est d’ailleurs ce que recommande l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) dans son rapport du 2 mai, intitulé « Evaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences : trouver le chemin de la confiance ».

Il propose un fonds de recherche inter-agences et établissements qui permettrait de financer les études pour une meilleure connaissance des expositions et des dangers sanitaires, dont ceux qui sont émergents, pour le développement éthique d’outils et de méthodes permettant de réduire l’expérimentation animale, et des recherches sur les effets cumulés, sur la bio-surveillance des populations, l’épidémiologie, les outils de modélisation… Des éléments scientifiques nécessaires et incontournables pour une bonne expertise.



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