perpétuité requise contre un infirmier accusé d’une centaine de meurtres

perpétuité requise contre un infirmier accusé d’une centaine de meurtres


En raison de la gravité particulière de la faute, le parquet d’Oldenbourg a requis de surcroît l’impossibilité d’être libéré avant quinze ans contre l’accusé, qui avait avoué 43 meurtres à l’ouverture de son procès.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 17h17

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L’ancien infirmier Niels Högel, lors de son procès à Oldenburg, Allemagne, le 16 mai 2019.
L’ancien infirmier Niels Högel, lors de son procès à Oldenburg, Allemagne, le 16 mai 2019. HAUKE-CHRISTIAN DITTRICH / AFP

Mettre un patient en danger de mort, pour le sauver ensuite, échouer et recommencer, encore et encore. L’affaire est sans précédent dans l’Allemagne de l’après-seconde guerre mondiale. Jeudi 16 mai, la justice allemande a requis la réclusion à perpétuité contre l’ancien infirmier Niels Högel, soupçonné d’une centaine de meurtres de patients.

Dans son réquisitoire, le parquet d’Oldenbourg, dans le nord du pays, s’est dit convaincu que l’ancien infirmier de 42 ans, déjà condamné à la prison à vie pour le meurtre de six patients, avait tué, par injection, quatre-vingt-dix-sept autres personnes entre 2000 et 2005. Ses victimes avaient entre 34 et 96 ans.

En raison de la gravité particulière de la faute, le parquet a requis de surcroît l’impossibilité d’être libéré avant quinze ans contre l’accusé, qui avait avoué quarante-trois meurtres à l’ouverture de son procès, en octobre 2018, et ajouté ne pas pouvoir se souvenir de cinquante-deux autres cas.

Tromper l’ennui

Pendant cinq ans, d’abord à l’hôpital d’Oldenbourg puis à celui de la commune voisine de Delmenhorst, Niels Högel a injecté, intentionnellement selon l’accusation, des médicaments à des patients pour provoquer un arrêt cardiaque avant de tenter de les ranimer, le plus souvent sans succès.

Il recherchait, avait-il expliqué à l’ouverture de son procès, la satisfaction et les « commentaires positifs » qu’il recevait après avoir sauvé une vie. Pour le parquet, il agissait aussi pour tromper l’ennui. L’expertise psychiatrique a révélé des troubles narcissiques et une peur panique de la mort.

Selon des codétenus, il se satisfait d’être le plus grand criminel depuis la dernière guerre en Allemagne. Les enquêteurs le soupçonnent même d’avoir tué deux cents, voire trois cents personnes. Mais prouver ces homicides s’est révélé impossible, nombre de patients décédés ayant été incinérés. Le verdict sera rendu le 6 juin.



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