Rudy Gobert, la tour de contrôle des Bleus

Rudy Gobert, la tour de contrôle des Bleus


En attaque comme en défense, le pivot français, du haut de ses 2,16 m, a dominé le quart de finale du Mondial remporté, mercredi, par l’équipe de France face aux Etats-Unis.

Par Publié aujourd’hui à 05h36, mis à jour à 05h42

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Rudy Gobert a dominé le quart de finale des Bleus contre les Etats-Unis.
Rudy Gobert a dominé le quart de finale des Bleus contre les Etats-Unis. YE AUNG THU / AFP

Au basket, les Américains ne sont pas accoutumés à voir le meilleur joueur évoluer dans le camp adverse. Pourtant, quelques jours après avoir muselé le Grec Giannis Antetokounmpo, meilleur joueur en titre de la NBA, la ligue nord-américaine, l’équipe dirigée par Gregg Popovich s’est cassé les dents, mercredi 11 septembre, face à un adversaire d’une autre envergure. Du haut de ses 2,16 m, Rudy Gobert a fait souffrir l’équipe américaine, contribuant largement à l’exploit des Bleus en quart de finale de la Coupe du monde face aux doubles champions du monde en titre (89-79).

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« Rudy, c’est un blagueur de plus dans les vestiaires et ça, c’est vraiment décisif », avait plaisanté Evan Fournier à l’entame de la préparation au Mondial. Absent de l’Euro 2017, terminé sur une élimination en huitièmes de finale face à l’Allemagne, le pivot français avait cruellement manqué. « Sérieusement, on parle d’un mec de 2,16 m dans la raquette, qui aime défendre, prend des rebonds et contre, expliquait l’arrière des Bleus. Ça change une équipe. »

Cela la change d’autant plus que Rudy Gobert, selon ses partenaires, avait abordé le match, mercredi, très motivé – pour ne pas dire remonté – par les propos du pivot adverse Myles Turner, lequel avait évoqué un « meilleur défenseur de l’année… pour certains » en parlant du Français. Une petite phrase qui renvoyait au fait que, si Rudy Gobert a été désigné meilleur défenseur des deux dernières saisons NBA, son influence sur le jeu de son équipe n’est pas toujours reconnue.

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« On les a puni en attaque »

« Rudy est une pièce très importante de jeu », constate l’ancien capitaine des Bleus, Boris Diaw. Nul besoin d’être un fin connaisseur de la balle orange pour repérer la dimension athlétique et la dissuasion que le géant français peut apporter dans une défense. « Mais c’est aussi devenu un point de fixation en attaque. »

« Pierre angulaire de notre socle défensif, il a désormais davantage la possibilité de nous aider en attaque. On sent qu’il a mûri », assurait Vincent Collet avant le Mondial. Le coach français a pu mettre son plan à exécution. Systématiquement cherché face aux Américains, Rudy Gobert a provoqué d’innombrables fautes adverses et battu son record de points sous le maillot bleu (21, accompagnés de 16 rebonds et trois contres). « On leur a rendu la vie difficile, et on les a punis en attaque », a savouré l’intéressé.

Grâce à l’abattage de leur pièce maîtresse, les Bleus se sont montrés dominateurs sous les panneaux. Ayant réglé leur souci au rebond, un point sur lequel ils avaient été défaillants jusqu’alors (44 vallons récupérés contre 28 pour les Américains), ils ont pu lâcher les chevaux en attaque.

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A l’orée de l’ultime minute, alors que les Bleus menaient de quatre points (82-78), Donovan Mitchell, fer de lance de l’attaque américaine, a tenté de ramener les siens à deux points. Choisissant d’affronter Gobert, son coéquipier en club, dans l’Utah, l’Américain a semblé prendre de vitesse son gigantesque adversaire. Mais déployant toute son envergure, celui-ci a contré, in extremis, la tentative.

Une manière de fermer le couvercle sur une partie. Et une réponse éclatante de Rudy Gobert, lui qui, deux jours auparavant, avait manqué une action identique face aux Australiens, perdant aussi quelque peu ses nerfs face aux provocations du roué Joe Ingles, autre partenaire au Jazz.

« A moi de prendre mes responsabilités »

« Je sais qu’à l’avenir, nous gagnerons des titres. Ce sera à moi de prendre mes responsabilités », anticipait le pivot français il y a deux ans dans nos colonnes. Conscient que les Bleus devraient se réinventer pour combler le vide laissé par la retraite de Tony Parker après les Jeux olympiques de Rio, il a relevé le gant. Mercredi, il a porté son équipe sur ses larges épaules pour concrétiser un rêve de gosse : déboulonner les imbattables Américains.

Avec ses coéquipiers – à commencer par Evan Fournier -, il fourbissait ses armes depuis quelque temps, envisageant « une petite fenêtre pendant laquelle on pouvait être capable de les battre. » La voyant entrouverte cette année, il a rameuté les troupes avant le match : « Je leur ai dit qu’on n’allait peut-être plus jamais avoir la même opportunité de le faire. On savait à quel point ce serait énorme pour l’histoire du basket français. »

Concentré sur l’étape suivante, il garde le regard verrouillé sur l’objectif commun : le titre mondial. Pour éviter un exploit sans lendemain, il reste deux pages à écrire. C’est ce qu’il s’était déjà chargé de rappeler à travers un message sur Twitter depuis le vestiaire où les Bleus digéraient péniblement la défaite australienne : « L’histoire sera encore plus belle ».

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