un sous-marin saisi contenait 100 millions d’euros de cocaïne

un sous-marin saisi contenait 100 millions d’euros de cocaïne


Le sous-marin ayant servi à transporter la cocaïne à Aldan, au nord de l’Espagne, mercredi 27 novembre.
Le sous-marin ayant servi à transporter la cocaïne à Aldan, au nord de l’Espagne, mercredi 27 novembre. LALO R. VILLAR / AFP

Un « narco sous-marin » au ventre bien rempli. A l’intérieur, les enquêteurs ont découvert trois tonnes de cocaïne d’une valeur de 100 millions d’euros. Une interception inédite en Europe, ont souligné les autorités espagnoles mercredi 27 novembre. Cet appareil artisanal, un semi-submersible d’une longueur de 20 mètres, aurait pu passer inaperçu sous la surface des eaux de l’Atlantique. Il a, finalement, été arraisonné samedi au large des côtes de la région de la Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne. Deux personnes ont été arrêtées.

Aidés par des plongeurs, les policiers ont mis trois jours à le renflouer puis à l’acheminer vers le port d’Aldan, près de Vigo. A l’intérieur, les enquêteurs ont compté 152 paquets de drogue. L’alerte avait été lancée par le Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants, basé au Portugal. Pour cette opération, 240 agents venus des polices d’Espagne, du Portugal, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Brésil se sont impliqués, a souligné le préfet de la région, Javier Losada de Azpiazu. « C’est une opération historique, qui va marquer un avant et un après », a-t-il assuré.

Des sous-marins convoyant de la drogue ont déjà été saisis en Amérique du Sud, où les trafiquants s’en servent pour acheminer vers le Mexique de la cocaïne, ensuite envoyée vers le marché nord-américain. Un semi-submersible de douze mètres de long a ainsi été intercepté en septembre avec plus de cinq tonnes de cocaïne à bord dans l’océan Pacifique au large de l’Amérique du Sud. Mais c’est « la première fois que ce système de transport de drogue est détecté en Europe », a assuré la police espagnole dans un communiqué.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sur le littoral atlantique, la « marée blanche » de cocaïne reste inexpliquée

Des sous-marins assemblés dans les forêts sud-américaines

Si l’appareil est parti « de Colombie ou de Guyane (…), cela représenterait le premier voyage direct jamais identifié d’un narco sous-marin de l’Amérique du Sud vers l’Europe », a expliqué le spécialiste américain Robert J. Bunker, professeur de l’U.S. Army War College en Pennsylvanie.

Au cours de l’opération, deux membres d’équipage de nationalité équatorienne ont été arrêtés alors qu’ils abandonnaient le sous-marin. Un troisième occupant « a fui » sans que les agents puissent le localiser, selon le communiqué de la police. L’origine précise de la drogue n’a pas été annoncée, et l’enquête se poursuit. Une source proche de l’enquête avait confirmé que la cargaison venait d’Amérique du Sud, sans préciser de quel pays.

Selon M. Bunker, les gangs de trafiquants sud-américains ont commencé à utiliser fréquemment des sous-marins pour le transport de drogue en 2005. Ils sont généralement construits dans les forêts de Colombie, d’Equateur ou de Guyane, pour un coût qui « peut grimper à plusieurs millions de dollars dans le cas de sous-marins plus grands ou plus sophistiqués », dit M. Bunker.

La plupart de ces sous-marins ne peuvent pas complètement plonger, mais certains peuvent s’immerger jusqu’à 30 mètres de profondeur.
La plupart de ces sous-marins ne peuvent pas complètement plonger, mais certains peuvent s’immerger jusqu’à 30 mètres de profondeur. LALO R. VILLAR / AFP
Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Guyane, de la coke et des hommes

L’Espagne, une porte d’entrée pour la cocaïne

« Les meilleurs candidats pour piloter ces sous-marins sont les pêcheurs capables de naviguer en haute mer » et de faire les réparations en cas de panne, a-t-il ajouté. Pour M. Bunker, les cartels ont fait construire jusqu’à présent environ « un millier de narcos sous-marins ». La plupart ne sont que des appareils semi-submersibles, soit des navires qui ne peuvent pas complètement plonger, mais certains peuvent s’immerger jusqu’à 30 mètres de profondeur, selon Wilder Alejandro Sanchez, analyste en matière de défense et géopolitique au sein du think tank américain Center for International Maritime Security (Cimsec).

Selon des sources policières citées par le quotidien espagnol El Pais, d’autres narcos sous-marins « jetables » de ce type pourraient être enfouis le long des côtes galiciennes où ils auraient été abandonnés après avoir servi. Depuis les années 1980, la Galice est une porte d’entrée pour la cocaïne en Europe. L’an dernier, l’Espagne a été le deuxième pays de l’Union européenne avec le plus haut niveau de saisie de cocaïne – 41 tonnes – derrière la Belgique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi De Cayenne à Paris, le chemin des « mules » pleines de cocaïne



En Savoir Plus

Post Comment