Washington accentue sa pression sur l’Iran

Washington accentue sa pression sur l’Iran


Les Etats-Unis mettent fin aux dispenses de sanctions dont bénéficiaient encore huit pays importateurs de pétrole iranien.

Par Gilles Paris Publié aujourd’hui à 11h29

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Inscriptions anti-américaines sur un mur de Téhéran, le 23 avril 2019.
Inscriptions anti-américaines sur un mur de Téhéran, le 23 avril 2019. ATTA KENARE / AFP

Le nœud coulant passé par Washington au cou du régime iranien s’est encore resserré jeudi 2 mai avec la fin des exemptions de sanctions dont bénéficiaient huit importateurs de pétrole iranien, dont la Chine, l’Inde et la Turquie. Une partie d’entre eux (Taïwan, l’Italie et la Grèce) n’avaient d’ailleurs pas attendu pour interrompre leurs achats. A quelques jours du premier anniversaire de la sortie unilatérale des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, le 8 mai, ce durcissement témoigne de la conviction que cette politique de « pression maximale » similaire à celle appliquée à la Corée du Nord est une stratégie gagnante.

En porte-à-faux avec ses alliés européens

Contrairement au cas nord-coréen, qui a fait l’objet de sanctions internationales soutenues par les Nations unies, celles qui pèsent sur Téhéran ne relèvent que de la seule volonté de Washington. Le revirement de Donald Trump a d’ailleurs placé durablement Washington en porte-à-faux par rapport à ses alliés européens, comme l’a montré le fiasco d’une réunion diplomatique à Varsovie, en février, perçue comme anti-iranienne. Mark Dubowitz, spécialiste de l’Iran au sein de la Foundation for Defense of Democraties, un cercle de réflexion de Washington, juge pourtant que les résultats obtenus dépassent les attentes.

Ce critique de l’accord nucléaire négocié en 2015 par l’administration de Barack Obama estime que les sanctions unilatérales se sont révélées « très efficaces » du fait de leur impact sur les revenus du régime, comme en témoignerait la diminution des transferts de fonds au profit des alliés régionaux de l’Iran comme la milice du Hezbollah, au Liban.

« Il n’y a que Donald Trump qui considère que le régime iranien a évolué. »

Ancien membre de l’administration ­démocrate précédente, Robert Malley, directeur de l’International Crisis Group (ICG), une organisation non gouvernementale ­spécialisée dans la résolution de ­conflits, admet que ces résultats peuvent alimenter « un récit » ­optimiste pour l’équipe de Donald Trump, qui trouve cependant vite ses limites, selon lui.

« L’Iran n’a pas plié jusqu’à présent, il a résisté à la pression d’une négociation dans laquelle il se serait retrouvé en position de faiblesse. Il est resté dans l’accord nucléaire avec les autres signataires européens, la Chine et la Russie. Et les sanctions ne l’ont pas poussé jusqu’à présent à la faute, ce qui aurait ouvert un plus large éventail d’options à l’administration américaine », estime Robert Malley.



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